Cutter

Cutter est né dans le garage de JB (ex-Prejudice GVA) sous le nom Kill all the goats, avec Pascal à la batterie et Tom à la guitare/voix. Le premier concert s’est fait dans le chalet d’un copain qui fêtait l’obtention de sa nationalité française et le dernier au Bistro des Tilleuls avec le groupe russe Jars. A l’époque du premier concert, c’est déjà Chloé qui avait repris la basse et le groupe s’appelait Catalgine, en référence à un morceau de Carther-Matha, groupe qui appartient à la préhistoire du hardcore DIY en France. C’est également avec Chloé que Catalagine enregistre sa démo/EP « 5500 slippery goats », dans le sous-sol d’un copain qui s’était construit un petit studio. C’est par cette enregistrement que Julien découvre le groupe et finalement le rejoint quand Chloé lache le poste de bassiste. Le groupe change de nouveau de nom pour Cutter. La meilleur étiquette qu’il ait reçue, c’est « noise-rock 80s » – bien qu’on voit pas très bien à quoi ça peut correspondre mais sûrement un truc bien primitif. Les gens font aussi régulièrement référence à Rage against the machine pour parler du groupe. Faîtes attention à ce que vous dîtes, quand même, les gens.

Salut Andrew, Julien La Machine, Olive LowLightConditions et Smutt, Deaf Lingo, Disco-Boule, Nevraska, Flo Cosmique et son Orchidée, Nurse et la Poulpe family, Don Aman, Milkshaker, Fisted by a priest, Julien Chateau-rouge, DKDance, Sheik Anorak et Shaakalens Bror, Jars, Dewaere !

Merci aux Tanneries de Rumilly, à Greg et son Poulpe, à Swoltan, Alexandre et aux Digital natives, aux Pirates et à leur Brasserie, à ceux qui partent en Spirale et à ceux qui tisent sous les Tilleuls et à ceux qu’on oublie !

Cutter is fucking dead !

>>>>>>>>>> CATALGINE

>>>>>>>>>> CUTTER

PS Bon, si jamais, Pascal cherche à monter un projet post-punk/cold/EBM, Julien est partant pour faire la basse dans ton groupe deathcore/Hardcore/Slam/etc. et Tom est au Poulpe tous les vendredis soirs…

« La belle Belgique sonique » (Nurse, It it anita – Le Poulpe, 6 déc.)

Ca fait déjà un mois, mais le souvenir est encore chaud comme la braise : Nurse et It it anita au Poulpe. Disons-le tout net : certainement le concert le plus mémorable que j’ai vu dans ce lieu.

Issu de différentes formations – Crappy stuff, NFO, Shivaz – Nurse pratique un rock noisy émotionnel très abouti, qui les place à part dans la scène locale.

Le groupe avait annoncé c’était leur dernier concert avant longtemps. Acculé par les contraintes diverses – comme tout ceux qui essaient de mener de front leur passion et le reste – ils tentent, si j’ai bien compris, de se dégager du temps pour créer de nouveau et, peut-être, donner une suite à leur merveilleux premier LP.

Les morceaux de Nurse sont une matière sombre mais hautement inflammable et il y a toujours un moment où elle s’embrase. C’est chouette de les réentendre sur cette scène, agrémentés d’une reprise du groupe grenoblois Virago que j’entendais pour la première fois. D’autant plus qu’à la console, Jérémie a ciselé un son d’une profondeur étonnante qui permet de les entendre dans les meilleures conditions qui soient.

Les Belges de It it anita étaient plutôt attendus, et pour cause, un premier concert au Brise-Glace avait laissé des marques et convaincu pas mal de monde. Y’a pas de hasard.

It it anita pratique aussi un rock bruyant qui, au-delà de l’influence Sonic youth évidente surtout sur les premiers disques, va piocher un peu partout sans a priori.

Mais sur scène, le mélange prend totalement corps. Rythmique baston, mélodies gorgées d’émotion et murs du son irradiants. It it anita joue sur tous les tableaux, appuie sur toutes les manettes en même temps, excelle dans toutes les disciplines. Et, là aussi, le son joue sa part et transcende la musique.

Un bon concert, c’est aussi un public qui vibre et réagit et l’action est dans la fosse autant que sur scène. Hystérie, tremblement, échange de fluide, osmose océanique entre les Belges soniques et la foule en sueur qui se presse contre la scène.

Le groupe finit par descendre la batterie au milieu du public – bien sûr qu’ils la descendent – pour une dernière transe sauvage et collective. Pas d’évanouissement, de visions ou d’état de conscience modifié mais on n’en était pas loin.

« Reignier, on va se faire tatouer tes initiales sur la poitrine ! », rigole le groupe. Sûr qu’en tous cas on t’oubliera pas de sitôt, Anita.

A suivre : une chouette interview, aussi bientôt qu’il sera possible.

PS Les photos sont encore une fois d’Olive. Je sais pas si il était inspiré ou si c’est un nouvel appareil photo, mais il faut absolument visiter son site Lowlightconditions pour aller voir toute la série qui est géniale. Merci Olive.

>>>>>>>>>> IT IT ANITA

« William Burroughs Haute-Savoie microtour – jour 1 » (Dewaere, Cutter – Le Poulpe, 22 nov.)

Retour sur un weekend un peu spécial. Le concert du lendemain – avec les russes de Jars, report à venir – était calé depuis un moment quand Greg nous propose de jouer aussi la veille, avec Dewaere, ce groupe breton qui a sorti un des disques les plus explosif et rafraîchissant de l’année dernière. Wow.

Avec le terme « noise » ou « noise-rock » sur l’affiche, tu as toujours un peu un doute sur le nombre de gens qui va  répondre présent, mais il y avait déjà un petit public – beaucoup de têtes connues, forcément – quand on a commencé.  On en dira pas plus si ce n’est que, avec les chouettes conditions de sonorisation du Poulpe, ça a vraiment été un bon moment pour nous.

Dewaere, c’est une formation classique guitare/batterie/basse/chant, mais il ne faut pas longtemps au public maintenant plutôt dense pour se rendre compte que Maxwell, le chanteur, est quand même quelque chose d’assez spécial. Grand échalas nonchalant qui, avec sa veste sur le dos, donne toujours l’impression d’être passé là par hasard. J’ai vu un groupe de punk jouer et je me suis dit que j’allais venir foutre un peu le bordel avec mon incroyable chant de crooner débraillé – ce qui est à peu près la façon dont s’est vraiment passé la création du groupe, comme on le verra dans l’interview réalisée après le concert, à paraître bientôt-mais-pas-tout-de-suite.

Mid-tempo sans repos, basse vrombissante, ferrailleuse et une guitare avec un je-ne-sais-quoi de 80s. Mais je sais pas vraiment pourquoi tout le monde ne cesse de répéter « noise-punk » à leur propos – ou alors punk à la Buzzcocks, oui. Dewaere écrit de vraies chansons. Avec ce chant improbable, c’est un cocktail à peu près parfait que sert le groupe.  Une formule gagnante et une vraie découverte pour ceux et celles qui étaient là. Joli choix de programmation du Poulpe.

Et ce n’est que le début, comme on le verra bientôt.

 

>>>>>>>>>> CUTTER

>>>>>>>>>> DEWAERE

GIG ALERT ! : William Burroughs Haute-Savoie microtour

Avec Cutter, on aura le plaisir de jouer deux fois ce weekend. Cette petite pub, c’est pas tellement pour nous – quoique, hé hé – mais surtout parce que ce sera avec deux très chouettes groupes – Dewaere et leur noise-rock lyrique explosif, Jars et leur post-punk noise hargneux – et dans deux supers endroits (les deux meilleurs du coin ?) : le Poulpe et le Bistro des Tilleuls.

>>>>>>>>>> DEWAERE

>>>>>>>>>> JARS

>>>>>>>>>> CUTTER

>>>>>>>>>> LE POULPE

>>>>>>>>>> BISTRO DES TILLEULS

Printemps noise ! part 1 (The dawn, Deveikuth, It it anita, Frustration, Catalgine, Nevraska)

C’est le printemps noise ! En Haute-Savoie, il n’y a pas que des pentes enneigées et des gilets jaunes en Audi, il y a aussi des concerts qui défouraillent. Retour en images sur quelques moments forts de la saison. Non… j’ai dit ça ?

On commence par un show à Genève, toute proche : The Dawn et Deveikuth à la Makhno. Deux groupes bien obscurs que Drone to the bone est allé cherché dans les tréfonds de l’underground marseillais.

T-Shirts rigolos  – dont celui du chanteur à l’effigie de Rorcal, clin d’oeil au patron ? – mais power-violence chaotique joué avec fougue pour The Dawn qui fait pas rigoler du tout. C’est lourd ? Rapide ? C’est le troisième morceau ou le dix-septième?

Avec un morceau intitulé « I bet you like Botch, bitch », on pouvait s’attendre à ce genre de correction. Le groupe existe depuis 10 ans, a sorti plusieurs albums et faisait ici son dernier concert avec son chanteur/hurleur. Sortie avec les honneurs.

On retrouve le bassiste de The Dawn dans Deveikuth, mais derrière les fûts. Plus question de blasts et de morceaux pieds au plancher ici car il s’agit de Funeral doom. Eh oui, c’était mon premier concert de Funeral doom ! Peut-être bien que vous vous demandez ce que c’est. Eh bien, une sorte de doom minimaliste bloqué sur des tempos ultra lents.

Invocations caverneuses déchirantes, effet de trance hallucinée. Bon enfin, on sent le temps passer quand même au bout d’un moment. Ah le concert est fini ? OK, c’était le moment.

Passons sans transition aux Belges de It it anita, qui jouaient  au Club du Brise-Glace mercredi 13 mars – c’est-à-dire le même soir que Zu à genève, y’a des jours comme ça… –  dans le cadre du festival Hors-Pistes. Même qu’il y avait du monde. Et un premier groupe aussi, que je n’ai pas vraiment vu.

Par contre, It it anita pas question d’en perdre une miette. Ouverture du concert tout en larsens et déjà c’est beau. Disposition atypique du groupe sur scène – les deux guitaristes et la paire basse-batterie se faisant face, de profil par rapport au public. Un concert tonitruant où tu avais parfois vraiment l’impression de te retrouver à la grande époque de la  Jeunesse sonique – période Goo ou quelque chose comme ça – tant le groupe maîtrise ses envolées noise. Ce en quoi ils sont un peu les cousins de A Shape, autres héritiers Sonic youthiens, mais parisiens.

Les deux chants très travaillés savent aussi ciseler de chouettes mélodies et d’ailleurs ce serait idiot de réduire ce groupe à cette influence tant ils sautent d’un registre à l’autre avec naturel.

Le final sauvage dans la fosse a mis tout le monde d’accord : ce groupe est géant. Et je crois bien qu’on devrait en entendre parler dans pas trop longtemps, du côté du Poulpe à l’automne prochain pour être plus précis. Hmm, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Le Poulpe justement, où jouait Frustration le 30 mars dernier.  Y’a des groupes, c’est comme si tu étais maudit et que chaque fois qu’ils jouent quelque part, il y a un empêchement. Ca a été le cas pendant un bout de temps avec Frustration donc ce concert était un peu comme une revanche.

Un DJ, deux ou trois gars qui dansent et font les cons devant – tiens c’est le groupe. Eh ben, ils ont l’air en forme. Les échos du concert de la veille à Cave 12 avec Usé sont pourtant moyens. Assez froid, fatigués peut-être. Mais ce ne sera absolument pas le cas ce soir : le groupe enfile ses tubes post-punk comme des perles. Après un début plutôt cool, le groupe enchaîne les morceaux plus lourds ou plus expérimentaux. Leur post-punk de connaisseur donne l’impression de voyager dans le temps, de revisiter des périodes, des styles, avec toujours ce côté à la fois martial, raide, mais aussi dansant qui caractérise ce style plus à la mode que jamais. Inusable.

C’est un Frustration joyeux, enjoué qu’on verra au Poulpe. Même le chanteur – qui n’a pas la réputation d’être toujours très communicatif – est hilare. Mais la palme revient au bassiste. Pour une raison que je n’ai pas très bien saisie, il avait fait le trajet depuis Genève à pied, avec une bouteille de pastis pour seul ravitaillement. Résultat, il est déchainé, casse ses cordes, prend la parole à tort et à travers. Le set prend des allures absolument hilarantes. Il  donne l’impression de vouloir se battre avec la totalité du public. C’est le bordel, tout le monde se marre, danse et ceux qui s’amusent le plus, ce sont certainement les Frustration. Superbe.

On finit avec Catalgine et Nevraska au café de Chateau-rouge le 27 avril (on est jamais mieux servi que par soi-même, hein). Concert dont la préparation fiévreuse aura d’ailleurs empêché d’aller voir Alabaster et Noiss au Brise-Glace. Dommage.

Un chouette concert en ce qui nous concerne, devant un public restreint mais chaleureux. Faut dire qu’il y avait de la concurrence ce soir-là et aussi que ces soirées, pourtant gratuites et tournées vers la scène locale, peinent un peu à faire recette. A tel point que Julien – pourtant un enjailleur de premier ordre tout dévoué à la cause – jetterait l’éponge. Faut faire quelque chose.

C’était  surtout le plaisir de revoir Nevraska après une assez longue période sans concert, durant laquelle Kick a pris la place de Cyril devenu parisien. Ils ouvrent avec Kollapse, morceau génial à écouter absolument, un de mes morceaux favoris du duo. Ca part donc bien. Alternent ensuite titres connus et cinq nouveaux morceaux. A part un passage à effet électro/boîte à rythmes assez frappant, difficile de se faire une idée sur un seul concert, même si on retrouve souvent ce noise-rock swinguant et survolté qui est la marque de fabrique du groupe. Blues-punk power !

Le nouveau batteur a un jeu plus ramassé que Cyril et ramènera peut-être le duo vers quelque chose de plus brut, qui sait ? A vérifier lors des prochains concerts, par exemple le 15 juin avec les excellents Tuco aux Tilleuls. En attendant un prochain enregistrement. Comme il se doit à Chateau-rouge, tout ça s’est terminé en karaoké post-hardcore entre gens gentils, copieusement arrosé de bières artisanales. Tu veux quoi d’autre ?

>>>>>>>>>> THE DAWN

>>>>>>>>>> DEVEIKUTH

>>>>>>>>>> IT IT ANITA

>>>>>>>>>> FRUSTRATION

>>>>>>>>>> CATALGINE

>>>>>>>>>> NEVRASKA

« Plus que de la musique » (Les punks sportifs, Guerilla poubelle – Le Poulpe, 2 fév.)

Plein de monde pour ce concert organisé par les copains de la Tribu sonore. Tant mieux ! Des jeunes, de la danse, du pogo, de la sueur et de la bonne humeur. A tant fréquenter des soirées obscures, on oublie presque que ça peut être aussi ça la musique.

En parlant de bonne humeur, les Punks sportifs assurent la première partie. Punks peut-être, sportifs c’est possible – à vérifier néanmoins -, mais qui envoie sympathiquement en tous cas. Leurs morceaux rigolards et enragés rappellent plutôt le rock alternatif français des années 80, Garçons bouchers et compagnie, et ouais !

Guerilla poubelle est un groupe qui a sacrément marqué, le groupe phare des années d’adolescence pour beaucoup. C’est pas mon cas  – et pour cause – mais  à les voir en live, on comprend immédiatement. Avec plus de 1000 concerts au compteur, le punk-rock leur coule littéralement des doigts. Breaks millimétré, accélérations pied au plancher, refrains imparables et mélodies gorgées d’émotion, avec cette voix beuglée reconnaissable entre mille. Le groupe use de toutes les ficelles qui ont fait le punk-rock, le pop-punk, le hardcore mélodique et j’en passe, depuis un paquet d’années.

Mais c’est autant par son attitude et ses choix que pour sa musique que ce groupe est marquant et ça se ressent parfaitement pendant le concert. Ultra chaleureux mais aussi concerné et politisé, Till – le chanteur – n’hésite pas à s’exprimer, prendre à partie le public – pas en donneur de leçons mais en tant que membre d’une scène, d’un mouvement.

Sur les tables de distro, on se rend compte que le groupe ne se contente pas de faire sa propre promotion mais emmène toute une scène avec lui. Des bacs remplis jusqu’à la gueule de toute une ribambelle de groupes punk et indépendants, ceux sortis sur leur label, Guerilla asso, ou sur d’autres labels. Je mate ça pendant que les gens prennent leur pied devant la scène. C’est classe. Le punk-rock mélo n’est pas forcément la musique avec laquelle je me sens le plus d’affinités mais je donnerai beaucoup pour voir davantage de concerts avec cette attitude et cette ambiance.

>>>>>>>>>> LES PUNKS SPORTIFS

>>>>>>>>>> GUERILLA POUBELLE

>>>>>>>>>> GUERILLA ASSO

 

« Dernière salve » (Smutt – Poulpe, 2 nov.)

 

Déjà, il avait coupé ses dreadlocks et voilà que maintenant il s’en va.  Au début du mois dernier, Smutt donnait au Poulpe son dernier concert avec Mouss, son chanteur – depuis leurs débuts, je crois.

Le groupe aura réalisé une démo et un EP avec Mouss. Et marqué le paysage haut-savoyard de leur rock’n roll survitaminé dopé au punk-hardcore et à leurs paroles concernées – enfin, la plupart du temps.

Il y avait pas mal de monde à ce concert et une ambiance mi-rigolarde mi-enragée qui correspond bien au groupe. Sur la scène du Poulpe, avec un son à la hauteur, sa musique  et les harangues rugies de Mouss avaient de l’ampleur et de la puissance.

Le groupe avait plusieurs disques de prévus. On verra bien ce qu’il nous réserve. Quant à Mouss, on peut le retrouver dans son projet folk-punk solo, al Gharib, qui joue bientôt près de chez vous.

 

>>>>>>>> SMUTT

>>>>>>>>> AL GHARIB

« La rentrée des punks » (Nurse, Smutt – Rocailles, 16 sept.)

La plaine des Rocailles, près de Reignier, est connue pour le festival du même nom, ressucité depuis quelques années. Les Bérus sont quand même passés ici.  En plus, avec sa vieille falaise d’escalade, elle a un petit côté destroy, un petit côté déglingué qui se prête bien au barbecue punk que les Punks sportifs organisent chaque année.

Punks sportifs qu’on arrive trop tardivement pour voir, d’ailleurs. Smutt est déjà en action sur la petite scène du camion des Punks spo. Du bricolage de génie.

Remontés comme des coucous suisses, les Anneciens balancent leurs rafales de punk-rock furibard et festif à la fois. Ca enchaîne, c’est fluide, la volée de poudre à canon passe toute seule. Aux dernières nouvelles, ce groupe parmi les plus actifs de la scène locale devrait sortir un ou plusieurs disques. Et aux toutes dernières nouvelles, il pourrait également y avoir du mouvement de personnel. Donc, on verra bien ce qu’on verra.

Le concert de Nurse qui suivait était en quelque sorte le vernissage de leur génial album, tout juste sorti en version vinyle. « C’est la rentrée et on a pas fait les devoirs de vacances », balance Ben avant de monter sur scène.

Mais il était dit que, ce jour-là, il y aurait du rock. Les pépites émo mélodiques et rageuses du groupe sont une machine à faire monter l’émotion et la pression. Et elle monte, jusqu’à un final sauvage avec telecaster balancée dans la batterie.

Les stands de distro permettaient de compléter sa collection de productions de la scène locale. Crankcase et Motocross pour ma part. Pas déçu du voyage d’ailleurs. Ce moment de rock était prolongé par les sons des platines de, entre autres, DJ Blender, aussi connu sous le nom de Greg la chocolatine.

On est en Haute-Savoie quand même ou bien ?

 

>>>>>>>>>> LES PUNKS SPORTIFS

>>>>>>>>> SMUTT

>>>>>>>>> NURSE

>>>>>>>>> LE POULPE

The non-philosophy of noise-rock : a (posthume) interview with Buzz rodeo

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We all love it when a plan comes together. Such was the case when Stuttgart-based trio Buzz rodeo said they were available to play with local emo-rockers Nurse at their album release party in Le Poulpe. Meeting Ralph, Daniela and Helge was a blast and, on stage, the dry, angular and yet melodic noise-rock of the Germans seriously kicked asses. It came all the more as a surprise, then, to learn that the band had disbanded a few days later, putting their west-European tour to a brutal halt. So much for rock’n roll. Anyway, they let none of that out on that night and were happy to answer some of my usual questions. Here is what they had to say.

OK Buzz rodeo, let’s go  ! Your songs are really well built, noisy but very coherent, so I guess this is not your first band experience… Could you tell us a little bit about your musical pasts ?

Ralph (guitar/voice) : We played in a band called Are we electric ? It was instrumental surf-punk-math-rock (laughs) ! And I played before in a band called Mink Stole et Helge played in Craving, I played in Bhang dextro. We had four 7 ‘’ out in the 90s.

Helge (drums) : The drummer of Bhang dextro left and then I came and we formed Are we electric ? together.

Ralph : Are we electric ?, Mink Stole and an unknown band called Lightning ships… And Tiger Shower Caps !

And you, Daniela ?

Daniela (bass) : I played in an all-girl band. A cover band.

How is the integration in Buzz rodeo going ? (Daniela has been in the band for one year)

D : Very good ! I love the music, I love the songwriting…

R : The guys ! (Laughs)

D : Yeah. Ralph is a bit special…

R : (Funny voice) Very special !

D : Helge is my flying teacher ! He is such a good drummer that playing bass with him is like flying ! And Ralph, he is…

R : … (Unidentified german word, better not to translate.)

D : No, an endless source of songs… In three days, he can do…

R : … one album ? (Laughs)

That was actually my next question : what is the writing process to achieve these songs that you recognize almost immediately ?

R : I just come to the rehearsal and play some riffs… and the others build it up !

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Your last album was published on a polish label – Antena krzyku -, can you pronounce that name for me ?

R : We say « Antena Kryschkou », but we don’t really know…it might not be the exact way… (Laughs)

Can you tell us a bit about this label ?

R : Its is 30 years old, at some time it was forbidden in Poland. Too political, or something like that… It’s a really cool guy who runs the label !

How did you meet him ?

R : He wrote to me on Facebook and we talked and talked and talked. I hadn’t noticed that he had a label. Three weeks later, he was like « Hey, I’ve got this label » and I was like « WHAT ?!! ». He has many bands on his label from all over the world. And not only noise-rock : hardcore-punk, balkan rock, he has all… But he loves noise-rock and post-punk ! He was the roadie for The Ex in the 80s and 90s, he was all over Europe with them.

D : And the best thing is that he doesn’t tell us what we should do…

R : Most of the promotion we do by ourselves, on Facebook…

Yeah, I’ve seen it once or twice… (Everybody laughs out really loud, Ralph being a serial Facebook poster.)

R : But you have to do this ! There are so many bands out there ! Many bands say fuck self-promotion, but it’s not my opinion…

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Do you think this has changed ? In the 90s, there used to be quite a lot of fanzines that bands would use for their promotion…

R : Yeah, I personnally read Maximum rock’n roll, Flipside, Heartattack and the German ones : Ox fanzine

H : And Trust. Trust is better !

R : And Skyscraper magazine and Copper press. And Magnet magazin in the 90s. And another German one in the 90s : Spex.

D : But the change is that you have more direct contact with fans. With social media, you collect them step by step, you talk with them directly. We send the teeshirts, the records by ourselves…

R : We write little messages, include them in the package. We built this Buzz rodeo thing mostly on Facebook.

Then do you think local scenes still have a relevance when you can be in touch with a guy in South america and organize a tour…

R : Local networks yes but not with the local scene… Not so many bands and they are much younger than us. But we have connections all around the world. The guys call us : Hey, come to Russia, come to Australia ! The next step would be to tour the US but… we are afraid of Trump ! Could be a horror trip !

Are these easy connections all good experiences ?

R : In general, you can rely on people, yes.

D : Things happen…

R : Yeah, but I would say 90 % is good. No assholes ! It works !

You seem to be very active : writing, recording, touring. Do you have music-related jobs ? Or flexible jobs ?

R : I’m a landscaper. Self-employed, so when we play, I have no money. But I can do what I want.

D : I’m in a sound studio that does advertising : radio spots, TV spots and videos… The day has 24 hours and it’s always full. When I do stuff for Buzz rodeo, I can’t work so much. But it’s OK.

H : I’m a teacher for fair-trade shops…

R : We can’t live from music only ! So far but… it can change ! (Laughs)

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Can you tell what bands are worth listening to in Germany right now ?

R : German bands ? That’s the hardest question ! (Laughs) Heads…. Not many that I prefer listening to…

H : You have to take a few minutes to think about this… Kurt… Ten Volt shock is cool ! Yass…

R : Party diktator. They have a new band called Waran… I personnally listen to American or UK bands : Blacklisters, Usa nails… And all the 90s stuff : Touch and go, Amphetamine reptile, Dischord, Trance syndicate… This shit… And I love Peru, from Poland. they’re great !

H : Frana… Porch… We toured with them in the UK.

You – especially Ralph – seem to be real noise-rock freaks, how would you define the essence of it – the philosophy of noise-rock – to people who don’t know about it and surely want to know ?

D : Good question…

R : We are really loud… and dirty. Well, … I don’t know ! (Laughs)

D : In the end, it’s just music. A matter of taste…

R : My roots are more in the UK post-punk scene. The Fall, stuff like that… Television personalities, Gang of four are my personal favourites. The guitar-player is god !

D : Music just makes peole feel something. You can say I love that but you can’t say what the philosophy of it is !

(Follows a discussion on how music can touch people in different ways…)

R : A new record is in the works : fifteen new songs ready to be recorded. We hope we can go to Blackbox studio, in France. We have contacts with Albini too but it was too expensive for us. But it would be a good thing, recording with him in the near future.

So you’re planning to have the new album out this year ?

R : Yeah, on the same label, Antena Kryzku. Of course.

 

Post scriptum

On latest news, Ralph has started a new band project with Sasha (ex-Frana) on drums and Daniel (Buzz rodeo sound guy) on bass. To be continued…

 

All black and white pictures are from Dylan D. Breed. Thanks to him again.

 

>>>>>>>>> MINK STOLE 1, 2

>>>>>>>>> BHANG DEXTRO 1, 2, 3

>>>>>>>>> ARE WE ELECTRIC ?

>>>>>>>>> TIGER SHOWER CAPS

>>>>>>>>> LIGHTNING SHIPS

>>>>>>>>> BUZZ RODEO

>>>>>>>>> ANTENA KRZYKU

>>>>>>>>>> LE POULPE

 

 

« Le noise-rock est un sport de combat » (Buzz rodeo, Nurse – Le Poulpe, 17 mars)

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Parfois les rêves se réalisent. Parfois les hasards coïncident. Nurse qui fêtent au Poulpe leur premier album, un des disques de la scène locale les plus attendus, de ce côté-ci en tous cas. Et Buzz rodeo en rade de date sur la route de leur tournée italo-franco-espagnole… Alignement des planètes au-dessus de l’auberge supersonique de Reignier. Bon sang.

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Pas sûr que qui que ce soit ait entendu le nom de Buzz rodeo avant cette soirée du 17 mars. Pourtant le trio de Stuttgart a déjà deux albums, une poignée de formats plus courts et quelques tournées en France au compteur.

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Buzz rodeo, c’est un noise-rock tendance ligne claire. Guitare tranchante, aiguisée comme un scalpel. Rythmique roulante, lourde mais sans excès. Pas de de graisse aux entournures. Juste ce qu’il faut de gravier dans la bouche et la peau(st-punk) sur les os. Et un certain savoir-faire dans la mélodie narquoise, aussi.buzz_rodeo-12.jpg

Le trio – Ralph à la guitare, Helge à la batterie et, last but not least, Daniela et ses magnifiques santiags rouges à la basse – execute son set.  Deutsches qualität. Et le mot exécution prend ici tout son sens.

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« Arkansas », « Underground luxury », « Jordan’s walk »…. Coups dosés, calibrés, méthodiques. Faits pour atteindre leur cible et qu’on fasse comme Ralph. Qu’on tombe à genoux.

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Le public était plutôt stoïque. Mais attentif, c’est déjà ça. Et il s’est encore densifié pour le début du concert des Nurse, qui fêtaient donc la sortie de leur premier album, dont on reparlera très bientôt par ici. On pouvait se le procurer en CD ce soir-là, pour la version vinyle va falloir attendre encore un peu.

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Pop sensible et ciselée ? Post-hardcore furieux et explosif ? Qui sait… Nurse trace sa ligne entre émotions contradictoires. Corde raide tendue au-dessus des à-pics.

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Sur la scène du Poulpe 2.0 (qui, d’ailleurs, vient du Macumba, si, si), avec un son peut-être un peu moins naturel que lorsqu’il sort directement des amplis, on retrouve ces morceaux qu’au fil des concerts on a appris à connaître presque par coeur. Qu’on devine composés à l’instinct. Taillés pour la scène.

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Quelles que soient les conditions, le lieu et l’heure, le groupe carbure toujours à l’énergie explosive, la transe dans le feu de l’action,  la purification par les flammes. Prêts à tout pour faire vivre l’instant. Quitte à se retrouver lui-aussi sur les rotules à la fin du concert. Certainement une des expériences les plus intenses de la scène locale en ce moment.

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Vous avez dit Noise rock freak ?

Toutes les photos sont de Dylan D. Breed, un grand merci à lui !

On peut déjà voir – bon sang, quelle rapidité – quelques images de ce concert, au flou dosé, calibré et méthodique, sur l’excellent site photo d’Olive, que je ne saurai trop vous recommander.

>>>>>>>>>> BUZZ RODEO

>>>>>>>>>> NURSE