« ChAOS = OK » (Varukers, The Turin horse – 10 oct.)

Affiche plutôt européenne ce soir-là à l’Usine – comme l’a fait remarqué quelqu’un. Les lillois de Psychophore (avec un(e) membre de 20 minutes de chaos) jouaient d’abord, suivis de Coupe-gorge, un groupe punk-oï genevois très actif en ce moment. J’étais pas là pour ces deux groupes mais quiconque veut savoir ce qu’il en était peut regarder ici ou .

Arrivée tardive donc, au milieu du set des punks anglais The Varukers. Groupe historique assez proche,  idéologiquement et musicalement, de Discharge, dont il compte – ou comptait, suis pas allé vérifié – des membres. Le chanteur annonce que le groupe célèbre ses 40 ans d’activités l’an prochain. Ce qui d’ailleurs ne fait pas réagir grand monde. Est-ce que c’est du au degré d’ébriété dans le public ou au niveau moyen du punk genevois en anglais, ça j’en sais rien.

N’empêche que leur set reste bien agressif. Toutes crêtes dehors, avec paroles haineuses contre les gouvernements, le capitalisme et la guerre et accent anglais à couper au couteau, comme il se doit. Enrico, le guitariste de Turin horse qui joueront juste après, racontera que, lorsqu’il est monté sur scène à la fin du set pour féliciter le guitariste, celui-ci lui a répondu « C’est sympa, mec, mais j’en ai rien à foutre. » Ha ha.

Initialement prévus à la Makhno, à l’étage au-dessus, The Turin Horse avaient été rajoutés sur l’affiche. L’occasion de mélanger les publics, aussi bien. Le 1er EP de ce duo turinois avait fait carrément forte impression et on peut d’ailleurs lire son interview par ici.

Enrico – T-shirt de Père Ubu, petit, trapu et jovial – et Alain –  longiligne, tatoué, plus réservé – sont deux gars à priori assez différents. Mais sur scène c’est une seule et même créature enragée, écumante et tentaculaire. On reconnait The regret song et The light that failed, les deux morceaux du EP – pas de reprise d’Unsane ce soir-là . Et on découvre tout un tas de brulôts tirés des mêmes charbons ardents, qui devraient fournir la matière de l’album à venir. L’ambiance est à peine tempérée par un morceau plus calme, atmosphérique et menaçant, au mileu du set. Comme du Pink floyd acide.

C’est quand même autre chose de les voir sur scène. On se rend compte de la précision et de la force de frappe du duo. Emotionnel, chaotique et évocateur, leur noise-rock furieux transcende les genres et pourrait certainement parler à des gens de tous horizons. En tous cas, il a fait le bonheur des 15 personnes présentes, qui hurlent leur enthousiasme à chaque morceau et empêchent le groupe de quitter la scène à la fin du concert.

Ben ouais, il y a encore des gens prêts à rester éveillés jusqu’à deux heures du mat en semaine pour être témoins de ça.

>>>>>>>>>>>> THE TURIN HORSE

>>>>>>>>>>>> THE VARUKERS

>>>>>>>>>>>> DRONE TO THE BONE

« En lambeaux dans le chaos » (Tuscoma, Coilguns – L’Ecurie, 22 sept.)

La petite cour devant l’Ecurie est presque noire de monde lorsqu’on arrive. Drone to the bone fête ses 9 ans et, malgré quelques concerts moins suivis, sa programmation radicale et avant-gardiste est incontournable pour les amateurs de bruit et de fureur. Puis faut dire que Coilguns est précédé d’une sacré réputation sur scène, hé hé. A peine le temps de passer au bar, que Bruno annonce le début des hostilités avec Tuscoma. C’est parti !

Loins d’être des inconnus, ce duo néo-zélandais officiait auparavant sous le nom de Hollywoodfun downstairs – passés à Genève il n’y a pas si longtemps d’ailleurs (déjà en formule à deux). Le groupe a opéré une mue progressive : originellement trio, ils pratiquaient un punk noise qui se prenait parfois des coup de speed ultra-rapides et hurlés qui faisaient leur particularité. Des surfeurs de satan en quelque sorte, mais qui ne crachaient pas sur les mélodies. Sous le nom Tuscoma, le speed prend le devant de la scène et le surf reste au placard.

Mur du son quasi ininterrompu. Blast-beats impitoyables et voix hurlée en arrière-plan comme sous le choc d’une électrocution continue, dont l’effet est encore accentué par l’éclairage aux néons blancs éblouissants. Je sais pas si le public attentif et statique est comme moi, légèrement surpris et dubitatif devant la décharge sonore des néo-zélandais fortement déconseillée aux épileptiques. Pas inintéressant, loin de là, mais on respire un peu quand le groupe retrouve du groove avec le dernier morceau et sa rythmique presque garage.

Les quatre lascars de Coilguns font une entrée bien classe en trinquant sur scène (whisky ?), instruments déjà en place. Ca sent le savoir-vivre et la camaraderie. Et l’envie d’en découdre aussi. Dés les premiers accords, Louis Jucker, le chanteur, se jette sur les premiers rangs, dans un espèce de saut de l’ange mi-ruée de mélée, mi-pulsion suicidaire. Le groupe place son concert sous le signe de la tension maximum, de la folie, de la confrontation avec le public et de l’envie de vivre un moment taré avec lui.

Et c’est exactement ce qu’ils firent. Coilguns soumet le public à un feu nourri et interrompu de leurs brulôts hardcore-noise-metal qui ne se soucie pas trop des genres et de la bienséance, tant que ça défouraille. Et parfois avec tout à coup un groove électrocuté génial à tomber. Coilguns sait même faire le rock.

L’intensité émotionnelle et l’engagement physique ont quelque chose qui rappelle certains groupes hardcore des années 90. Born against ou Heroin, au hasard. Même si c’est pas exactement la même chose évidemment. De même les danses folles et le discours personnel et inconventionnel du chanteur entre les morceaux, très loin des poses habituelles dans ce genre de musique. En sortant de ce concert éreintant, tu ne sais plus grand chose mais tu sais au moins que tu as vu de la musique vivante.

>>>>>>>>>> TUSCOMA

>>>>>>>>>> COILGUNS

>>>>>>>>>> DRONE TO THE BONE

« La rentrée des punks » (Nurse, Smutt – Rocailles, 16 sept.)

La plaine des Rocailles, près de Reignier, est connue pour le festival du même nom, ressucité depuis quelques années. Les Bérus sont quand même passés ici.  En plus, avec sa vieille falaise d’escalade, elle a un petit côté destroy, un petit côté déglingué qui se prête bien au barbecue punk que les Punks sportifs organisent chaque année.

Punks sportifs qu’on arrive trop tardivement pour voir, d’ailleurs. Smutt est déjà en action sur la petite scène du camion des Punks spo. Du bricolage de génie.

Remontés comme des coucous suisses, les Anneciens balancent leurs rafales de punk-rock furibard et festif à la fois. Ca enchaîne, c’est fluide, la volée de poudre à canon passe toute seule. Aux dernières nouvelles, ce groupe parmi les plus actifs de la scène locale devrait sortir un ou plusieurs disques. Et aux toutes dernières nouvelles, il pourrait également y avoir du mouvement de personnel. Donc, on verra bien ce qu’on verra.

Le concert de Nurse qui suivait était en quelque sorte le vernissage de leur génial album, tout juste sorti en version vinyle. « C’est la rentrée et on a pas fait les devoirs de vacances », balance Ben avant de monter sur scène.

Mais il était dit que, ce jour-là, il y aurait du rock. Les pépites émo mélodiques et rageuses du groupe sont une machine à faire monter l’émotion et la pression. Et elle monte, jusqu’à un final sauvage avec telecaster balancée dans la batterie.

Les stands de distro permettaient de compléter sa collection de productions de la scène locale. Crankcase et Motocross pour ma part. Pas déçu du voyage d’ailleurs. Ce moment de rock était prolongé par les sons des platines de, entre autres, DJ Blender, aussi connu sous le nom de Greg la chocolatine.

On est en Haute-Savoie quand même ou bien ?

 

>>>>>>>>>> LES PUNKS SPORTIFS

>>>>>>>>> SMUTT

>>>>>>>>> NURSE

>>>>>>>>> LE POULPE

« Football : 0 / Hardcore punk survolté : 10 000 » (Tuco, Joliette – La makhno, 27 juin)

Peu de monde ce soir-là à l’étage de l’Usine. A vrai dire, il y a à peine plus que notre groupe de copains lorsque Tuco plaque ses premiers accords.

Plaisir de retrouver leur noisecore massif et tourmenté. Ces longs morceaux pleins de bifurcations soudaines, de répits trompeurs, où suinte la tension malsaine.

Fidèles à eux-mêmes, leur performance est un rouleau-compresseur. On reconnaît quelques vieux titres de leur premier EP, comme le phénoménal Numb et son accélération qui te colle au mur du fond. Le premier album des Suisses devrait sortir ces jours-ci, en format numérique, en attendant un disque à l’automne.

Les mexicains de Joliette, eux, étaient une découverte pour pas mal de monde. En vérité, il y a pas vraiment besoin de beaucoup plus que deux minutes pour comprendre que ce groupe a quelque chose de très spécial.

   Putain de réacteur nucléaire où se fracassent sans discontinuer des atomes de hardcore hurlé, de noise surpuissante. Bouts de mélodies qui traînent en lambeaux dans le chaos et te prennent à la gorge. Breaks constamment sur le fil de la lame.

Le pire c’est que les jeunes Mexicains sont très cools sur scène, avenants et sympathiques. Derrière les fûts, le batteur prend le temps de remonter ses lunettes sur son nez d’un air flegmatique entre deux rythmiques hallucinantes de puissance et de groove. Machine !

Le public s’est massé devant la petite scène. Scotché. Chaque nouvel assaut sonore est accueilli avec ferveur. On en loupe plus une seconde.

C’était fou, ce concert ultime à prix libre devant une poignée de guignols. Au moment où tous les yeux, les oreilles et les porte-monnaies sont tournés vers la folie estivale du Hellfest et son hardcore à grand spectacle.

Nous, on a pas vu le match et on ira pas au Hellfest. Mais, ce soir-là – même si c’est évidemment con de le formuler comme ça – on nous empêchera pas de penser qu’on a vu le meilleur groupe de hardcore du monde, hé !

>>>>>>>>>> TUCO

>>>>>>>>>> JOLIETTE

« L’oeil du cyclone » (MoE – Cave 12, 20 juin)

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« Imagine un mélange entre Napalm death et Shellac. » C’est la comparaison rapide que j’avais trouvée pour décrire MoE à un copain qui ne connaissait pas. « Pas facile. », il avait répondu. Et pas tout a fait exact non plus, mais ça donne une idée de pourquoi ça valait largement le coup de faire le trajet jusqu’à Genève et Cave 12 ce mercredi-là.

Quasiment déserte et très tranquille lorsqu’on arrive. En fait, je crois que Cave 12 ne se remplit qu’à la nuit. Les Norvégiens – qu’on veut rencontrer pour une interview –  sont déjà là. Mais, fatigués par un trajet depuis Oslo beaucoup plus long que prévu et parsemé d’incidents de sécurité inquiétants, on ne les croisera pas trop avant le concert.

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Il débute devant une audience assez restreinte. On est mercredi et il fait très beau et puis c’est la coupe du monde, hein. Pas grave, le trio est là pour nous en mettre plein les oreilles et les mirettes et arborent des éléments de costume à paillettes. Batteur imperturbable sous sa cagoule fourrée qui lui donne des airs de teletubby gothique, qui casse sa caisse claire dès les premières secondes mais continue sur les toms comme si de rien n’était. Rien n’arrête la machine MoE quand elle est lancée.

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Relents de doom/stoner lourdingues. Pics de tension punk hardcore. Crise noise aigüe, soubresauts schizo, tension qui s’affole. MoE brouille les pistes, orchestre un chaudron brûlant où se fond tout ce qui est sauvage, tout ce qui se tend, éructe, se déchaine.

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Cette tension de malade, ces éclats de folie en rafales  sont servis par la technique irréprochable des trois musiciens confirmés, qui sont tous actifs dans des projets très différents, jazz, improvisé ou autre. Faut écouter sur disque pour comprendre – quoiqu’au final l’expérience en live soit assez différente, très organique.

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Pas de pit formaté ici. Pas de violence ritualisée. Sans forcer, sans rien imposer, le groupe communique juste une folie qui infuse progressivement dans le public présent et le concert se termine dans des danses sauvages et des cris enthousiastes.

La soirée se terminera pas des rencontres et discussions bien agréables, au son de la sélection « pre-summertime » des DJs locaux. Black flag, c’est en effet totalement pre-summertime. Cave 12 ne ment jamais.

>>>>>>>>>> MOE

 

 

« La branche déviante de la famille » (Pilier, YC-CY – la Makhno, 10 mai)

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A proprement parler, on peut pas vraiment dire qu’il y ait d’organisation consacrée au noise-rock dans la région Annecy/Genève. Ca reste un peu le vilain petit canard, la branche déviante de la famille. Le cousin pas sortable. La cousine transgenre. Mais, au final, il n’y a pas trop à se plaindre car, dans la programmation des uns ou des autres, il y a régulièrement des noms inespérés, des coups de folie.

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La soirée commençait avec le hardcore-punk des locaux de Pilier. Eruction continue de rythmiques rapides et de riffs rentre-dedans, sans temps mort, dans un esprit très proche des Annemassiens de Wrensh. Hardcore droit au but, sans le métal en quelque sorte. Bon sang, heureusement qu’il y a encore des groupes comme ça.

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On sent le groupe habitués du lieu. Et le public, qui assure l’ambiance joviale. Ils se laisseront même convaincre par un rappel.

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Les Suisses allemands de YC-CY  ont peu joué par ici. Ils viennent de sortir leur 2e album sur le label allemand X-Mist et faisaient une courte tournée de trois dates dans l’est de la France.

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Leur musique semble provenir d’un lieu non-cartographié. Atmosphérique et bruitiste, violente et émotionnelle, dansante et expérimentale. A équidistance du post-punk, du hardcore, de la noise. A l’image du génialissime Kepler-186f, qu’il joueront en deuxième et qu’il faut absolument écouter. Ce morceau mérite à lui seul le nom de Todestanz – Danse de la mort -, le titre de leur album.

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Pulsation puissante de la batterie, réduite à sa plus simple expression, qui capte les regards. Bassiste en retrait, les yeux clos – des images de Joe Lally de Fugazi reviennent en flash. Sonorités incongrues que le guitariste tire de son instrument. Des airs de synthé vérolé. Chanteur coincé aux abords du public, plié sur son micro.

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La charge fût relativement brève mais intense. Comme leurs copains allemands de YASS, YC-CY dessine un noise-rock du futur – ou du présent, tout simplement – qui donne grandement envie de continuer à suivre ce que donne ce groupe.

 

>>>>>>>>>> PILIER

>>>>>>>>>> YC-CY

 

THE TURIN HORSE : Interview

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Take a look at this picture. A very close look. Enrico Tauraso (guitar, voice) and Alain Lapaglia (drums, samples) are The Turin Horse. They are here to make a hell of racket and are not going to have it another way. That’s the impression you get, anyway, when listening to their first brand new untitled EP. Only three songs, including a cover of Unsane’s Blame me. Short, but intense by all means. And certainly enough to feed the desire to send them a bunch of questions and get to know more about that Turin Horse. Plus the fact that they’re close neighbours to ours, being based in Torino. Plus their rehearsals take place in the same basement as favourite turbo garage-punkers of ours, Sloks. Plus… Plus… Oh well, let’s get on with it.

If I’m correct, The Turin Horse rises from the ashes of Dead Elephant. What’s the relation between the two bands? What were the main idea behind starting The Turin Horse?

Enrico : Dead Elephant are still in my heart. I think about them with a bit of nostalgia, exactly like when you are looking at an old photography of a moment that you loved. This feeling isn’t related to the music (I’m happy with what I’m doing now) but to the human experience I lived playing in my past band. I’m conscious that this phase is gone now.

Except the fact I played guitar and sang in DE and now I do the same in The Turin Horse, there’s no relation between the two bands for me. I was just 1/3 of the DE. I try to play in TTH with a complete new attitude without thinking too much about what I did in my old musical projects. When I met Alain I was crushed by my past for various personal reasons. I think I was at a dead point and I needed fresh air in my mind. Alain has much influenced my way of play and think music. Sincerely I never accepted that DE were finished until he showed me that together we could get involved creating a new musical identity with its own sense.

Another aspect where I changed my role is that I built the main part of the gear I use in Turin Horse and I never did this kind of thing for DE.

For me the idea behind the Turin Horse was « Let the past go and drive the music over it. Let wounds/insecurities bleed again and try to play the music that is able to make you feel that fuckin shiver down your spine ». In other words I simply tried to express myself making a step forward. As a musician and as a human being. I don’t know if I’m succeeding but I’m trying to do my best.

Does your band’s name come from hungarian director Bela Tarr’s film? Are you interested in experimental art, music or otherwise?

I have much respect for Bela Tarr’s works. In an era where tv series, social media and youtube give a new aesthetics of images, Bela Tarr’s works are there to draw attention to the original powerful visionary meaning of cinema. We were fascinated about the backstory of the movie plot: the whipping of a horse in Turin which is rumoured to have caused the mental breakdown of the philosopher Friedrich Nietzsche.

Nietzsche saw in the violence of the coachman the desire of the human beings to dominate the world and crying rushed to stop him.

Turin is also the city where we live since we began this band and we liked the idea of having a territorial reference in our name connected to a such controversial event…

Regarding my tastes sincerely I’m not interested in a specific genre of film, art or music. Good things and bullshit are everywhere (not in a specific genre) so I try to keep my heart open and I go deeper if I receive good vibrations.

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You’ve just released your EP, how do you feel about releasing music on vinyl in a more and more numerical era?

It isn’t too strange release a vinyl in this era. In a digital world it’s normal that people have a sort of fetishism for the oldest physical music medium.

A guy in the ’50 bought vinyls and a guy in the present does the same. We need rituals to give sense to our actions. It’s a cool thing, don’t you believe?

Your cover of Unsane’s Blame me is on the « Flattered, Shattered and Covered » Unsane Tribute comp. Can you tell us the story of how you ended taking part in this project?

I’m a big fan of Unsane from the 90s. Manuel Veniani asked us to take part in this project because he believes in what we could do for this operation. I’m grateful to him for taking part of the project: for me it was a good opportunity to show my gratitude to the Unsane for what they gave me. I’m proud to take part in that compilation. It’s an operation coming from the below made just for passion. This is why it’s great.

Enrico, I believe you use an EGC guitar or at least an alluminium neck guitar, don’t you? Can you tell us a little bit about that instrument?

I use a Travis Bean. I bought it in 2003 when fortunately guitars with aluminium neck weren’t as fashionable as now and didn’t cost so much. They were considerated guitars of the hippy freaks era. I was fascinated by this kind of guitars because I love Jesus Lizard and PIL guitar tones. Whem a friend of mine went to Chicago to play with his blues band, I asked him if he could find one for me. This friend came back in Italy with a Travis Bean 1000S and since that time I never thought about selling it because it became a part of my guitar sound. I only substitute the neck pickup with a new custom one because I need to use in a creative way the lack of the bass player in the Turin Horse.

I love this guitar because I can mount on it very thick guitar strings without problems with the neck stability. Sustain for days and a very transparent sound. It’s the only instrument I have since I bought it.

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Do you read about music? Books, magazines, webzines? Any that you follow in particular?

I was an avid reader when I was younger, when I didn’t have internet. I devoured magazines and books for years. In the last few times I took a little distance from the words about music. Frank Zappa said  » Talking about music is like dancing about architecture », I think it’s true. Especially in these days where there are a lot of experts in every kind of matter and I read a lot of opinions about every kind of things. Personally I take more care than in the past about what I read and « who » I’m reading. From my point of view as a music reader, it’s important to have an explanation about why an album/band has a value. In a sea of reviews that glorify records without giving a grounded merit, the risk is to no longer understand what has a real value and what doesn’t. This creates a lot of confusion. I don’t follow any specific magazine or website.

What’s worth listening to in Italy right now in your opinion?

I recently listen « Ere » from the band Stormo and I like it. Other italian bands that I love are Demikhov, Nudist, Hate&Merda, Carmona Retusa, Ruggine and Io Monade Stanca. They are all great bands, especially live.

And Finally, if you had to make a selection of three albums that are absolutely essential to you, what would they be?

This is a very difficult question…I think they can vary from a moment to another. 3 is a very small number!

In this moment I can say: Wipers – Over the Edge, Dickie Landry – Sixteen Saxophones, Pentagle – Basket of Light.

Thanks Tom!

See you Enrico !

>>>>>>>>>> THE TURIN HORSE

The Turin Horse, untitled EP

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Avis de tempête de l’autre côté des Alpes. Trois titres. La salve est brève mais intense. Les membres de The Turin Horse officiaient auparavant dans Dead Elephant, combo qui pratiquait un post-hardcore massif, apocalyptique, dans le sillon de Neurosis. Les ingrédients sont toujours là, mais le propos est resserré, condensé, épuré pour un impact maximal. Tout comme le personnel réduit à sa plus simple expression : une guitare, une batterie, un peu d’électronique. « Uncompromising noise-rock designed to break your heart », qu’ils disent. Pourquoi pas.

Avec sa disto old-school et sa voix erraillée, The regret song, le premier morceau, commence même un peu comme du Black flag. Mais pris dans un tourbillon de breaks nerveux, millimétrés, de subits revirements d’intensité et tous les éléments du post-hardcore de compétition maniés ici avec maestria et la bave aux lèvres. En ce qui me concerne, dès ce premier morceau, le groupe a tout bon.

C’est un peu le même topo avec Blame me, reprise d’Unsane qui figurait déjà sur la compilation « Shattered, flattered and covered », brulôt chaotique s’enflammant en à peine plus de deux minutes qui leur va comme un gant. Ce n’est qu’avec le troisième morceau, The light that failed, que le duo ralentit un peu sa course folle. Mais c’est pour mieux insuffler une dose supplémentaire de tension venimeuse et lancinante. Un arpège trempé dans une réverb moite. Suspendu comme une respiration avant de replonger au coeur de la tempête, dans l’oeil du cyclone, qui finira par se dissiper pour ne laisser que des ruines et des sifflements.

Fort de ce premier méfait, le groupe tourne actuellement avec la même énergie que celle que déploie leur musique. Ils devraient passer la frontière en mai. Peut-être aura-t-on la chance de les voir par ici ?

The Turin Horse, untitled EP (Sangue Dischi, Shove Records, Vollmer Industries, Hell Comes Home, Rodomonte Dischi)

>>>>>>>>>> THE TURIN HORSE

>>>>>>>>>> SANGUE DISHI

>>>>>>>>>> VOLLMER INDUSTRIES

>>>>>>>>>> HELL COMES HOME

>>>>>>>>>> RODOMONTE DISCHI

 

« Bain de sang » (Alabaster, Unsane – Epicerie moderne, 23 oct.)

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C’était il y a plus d’un mois, déjà, le concert quasi traditionnel d’Unsane à l’Epicerie moderne. A voir le parking et les messages à droite et à gauche, ça venait de partout. Drôme, Savoie, Isère, Puy-de-Dôme…. Auvergne-Rhône-Alpes en force. Laurent Wauquiez peut être fier de sa région.

Quant à nous, il y avait au moins une voiture et un mini-bus. En ce qui concerne le conducteur, c’était quand même la septième fois, pour lui. De voir Unsane, je veux dire. Là tu commences à pouvoir faire confiance.

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Ce sont les locaux d’Alabaster qui jouaient en premier ce soir-là. Ce groupe qui compte dans ses rangs des anciens Overmars, Kiruna et Geneva vient de sortir son premier album.

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Hardcore torturé, infesté, grouillant. Avec une voix étranglée et dissonnante rappelant par moment d’autres lyonnais fameux, Condense.

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Cette voix en retrait et la guitare qui sonnait un peu brouillonne explique peut-être que le groupe ne faisait pas l’unanimité dans les discussions post-concert. Mais leur musique est bien intense et le chanteur a une chouette présence hallucinée sur scène.

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Les américains d’Unsane ne vont pas tarder à fêter leur 30 ans d’activité. Ils viennent de sortir leur 10e album – monstrueux – et un double album génial leur rendant hommage vient de sortir chez les polonais d’Antena Krzyku.

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Le son paraissait encore plus net et abrasif que lors de leur dernier passage. Comment rendre compte de l’intensité de ce groupe ? Cette tension bloquée à son maximum et qui ne redescend jamais ?

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Unsane, c’est l’équivalent musical du plus noir des thrillers. Les lignes mélodiques désespérées de la guitare, la voix étranglée d’angoisse de Spencer. Les rythmiques et les gueulantes rocailleuses de Dave Curran – ce type va finir par ne faire plus qu’un avec sa basse. Et la batterie de Signorelli qui orchestre le tout, immuable, bloquée sur des triolets vicieux, martelés.

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Et pourtant le groupe, qu’on retrouvera au bar ensuite, fait preuve de beaucoup de simplicité. Comme a dit un copain : « Salut, on est un groupe de rock et on fait ça. »

Rien à prouver.

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>>>>>>>>>> ALABASTER

 

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Expo dans le hall de l’Epicerie moderne

« Bande de fanatiques » (Dustriders, Hollywoodfun downstairs, Vorvan – Makhno, 22 nov.)

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Rien de plus ennuyeux que ces concerts estampillés tel ou tel genre, où les groupes ressassent les mêmes codes et où la surprise et la prise de risque sont minimes. Heureusement ce concert à la Makhno, organisée par l’asso essentielle Drone to the bone, n’avait rien de tel, même si une arrivée tardive n’aura pas permis d’apprécier les locaux de Dustrider.

HFD 1Hollywoodfun downstairs, c’est un duo néo-zélandais et si il y a des fanatiques, c’est bien eux. Des tournées comme des forcenés – c’est quand même leur deuxième passage à Genève dans l’année et ils ont d’ailleurs perdu un bassiste dans le bataille -, une musique sans répit et un dernier album sorti chez les polonais d’Antena krzyku (super label). Preuve s’il en fallait que le réseau DIY 2.0 fonctionne.

hfd 6.JPGFaut au moins venir de l’autre côté de la terre pour jouer la musique qu’ils font. Effectivement il y a un côté garage dans la réverb et cette voix nasillarde mais passé à la moulinette de rythmiques effrénées qui lui donne parfois des airs de hardcore hurlé – screamo pour les intimes.

hfd 5Une sorte d’accouplement contre-nature entre les Buzzcocks et Lightning bolt (ouille !), ou quelque chose comme ça. Une musique qui peut être fun mais aussi assez malsaine et stressante. Entre névrose et psychose, mon coeur balance.

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C’est peut-être bête mais la première chose qui m’a frappée chez les Russes de Vorvan, c’est les tee-shirts qu’ils portaient sur scène ou sur les photos que j’avais pu voir : Doom, Extreme noise terror, Misery, Disfear… Clairement des gens de bon goût.

vrvn 1Leur hardcore « moderne » convoque tout ce qui butte, qui latte et qui tabasse. La voix gueulée est au final assez linéaire mais, bon dieu, c’est en-dessous que ça se passe. Une basse de plomb en fusion – jouée au doigts -, des riffs de tueurs à la guitare mais parsemés de déconstructions noise aux petits oignons et surtout, surtout, une batterie démentielle qui sonnait comme c’est pas possible. Un régal pour les yeux et les oreilles.

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Les compos ultra incisives maintiennent une pression constante. Chaque morceau pilonne et capte l’attention, sans jamais lasser. Ce groupe a clairement la science de la composition et – chose rare – donne envie d’aller écouter leur musique sur disque pour comprendre exactement c’était quoi, ce truc qu’on s’est pris dans les oreilles.

>>>>>>>>>> HOLLYWOODFUN DOWNSTAIRS

>>>>>>>>>> VORVAN

>>>>>>>>>> ANTENA KRZYKU RECORDS

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Et c’est quoi, cette société où il faut clamer les évidences ?