Niet, « Dangerfield » EP

Dès les premiers accords de All work and no play, le premier morceau de ce EP 5 titres, on sait exactement où on met les pieds avec ce duo qui vient du nord-est de l’Italie. Son énorme, lourdingue et baveux à souhait, voix distordue, batterie punitive et sans fioriture. Le décor est en place. Les noms d’Unsane, ou d’Hammerhead pour le côté rock millimétré, ne peuvent pas ne pas être mentionnés. Cinq morceaux qui font bloc, taillés dans la même matière noire, épaisse, coagulante. La noise collée aux tripes. Amphétamine reptile tatoué dans le coeur. Et, bon dieu, comme on les comprend. Si le son est ultra référencé, ces cousins transalpins des clermontois de Black ink stain disposent juste ce qu’il faut de décrochages auditifs (utilisation judicieuse des pédales), de chutes de tension et de changements de vitesse abrupts pour maintenir l’intérêt et donner une existence propre à chaque titre. Et, de toute façon, c’est très fort et le cerveau en position « off » que cette musique s’écoute et devient totalement jouissive. Encore, encore !

>>>>>>>>>> NIET

 

Black ink stain EP

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Black ink stain, chaque fois qu’ils ont une chronique, ils ont droit à deux références : Unsane (ou Helmet, au choix) et les bordelais de Basement. Mais c’est qu’ils le cherchent un peu aussi car c’est vrai que ces deux influences transpirent de chacun des quatre titres de ce premier disque du trio clermontois (en plus, c’est un trio). Juste pour donner un exemple, le riff d’intro de leur « Unresolved » est très proche du « slow waiting » de Basement.

Il y en a que ça peut gêner, moi pas tant que ça. D’abord, qui pourrait leur reprocher d’aimer de si bons groupes ? Et puis des titres comme « Worst happens » démontrent déjà une bonne dose de savoir-faire en matière de musique lourde et menaçante. Le disque a été enregistré aux Forces motrices à Genève et le gros son est de sortie. La voix criée, par contre, semble parfois encore devoir trouver ses marques. Le groupe tente donc une synthèse entre la noirceur d’Unsane et quelque chose de plus aérien, où en fait ce sont parfois plutôt les Portobello bones qui (re)viennent à l’esprit.

Le groupe connaît ses classiques, maîtrise ses fondamentaux et ce disque sympathique donne envie d’en écouter plus. Et surtout de voir comment le groupe va évoluer.

>>> BLACK INK STAIN