Brutalist demo CD

On retient son souffle dès les premières secondes et on se dit que là il se passe quelque chose. Brutalist est un projet mené pendant quelques années et, il semble, une poignée de concerts par trois des membres de Knut, accompagné par Adriano Perlini (qui jouait déjà avec le guitariste Tim Robert-Charrue dans Commodor). Ce CD que le groupe présente comme une démo ne nous laisse honnêtement que nos yeux pour pleurer que le groupe ne soit plus. Il contient cinq morceaux enregistrés  entre 2016 et 2019. Instrumentaux sinueux, construits autour de longues plages répétitives, tunnels obscurs qui débouchent tout à coup dans de vastes espaces. Si Trabajo et Cobra propose un métal expérimental, répétitif, tendu à craquer, étourdissant, le reste du disque dessine les contours d’un noisecore déconstruit totalement ahurissant. Piton, le premier morceau, sonne – comment dire ? – comme la rencontre de John Coltrane et de Godflesh dans un rêve de Death grips, si une telle chose est imaginable. Base rythmique massive syncopée, allant se densifier, se déployer, s’entrelacer. Guitare bloquée dans des stridences dissonantes en contrepoint, qui part en échappée et prend tout à coup des accents de saxo free magnifique.  Instant magique est un champ de bataille désolé , ambiance de décombres infestés, cendres fumantes. Avec des guitares vrillées, rampantes qui rodent en embuscade et une basse colossale, agonisante. New light clôt le disque en renouant avec une noise extatique et libre. Cinq morceaux. Un ensemble hétéroclite. Un instantané qui documente ce que ce groupe a été et laisse deviner ce que le futur aurait pu être. A écouter absolument.

>>>>>>>>>> BRUTALIST

Yoke, « Immorale Emotion » EP

 

Yoke est un tout jeune projet solo basé à Chambéry et ce EP 4 titres est son faire-part de naissance. Yoke pratique le drone – vous savez, cette musique qui existait déjà au moyen-âge, fondée sur une note tenue que d’autres viennent enrichir. Sauf qu’ici ce n’est pas de musique grégorienne dont il est question mais plutôt une version moderne, industrielle et stridente. Des paysages mornes, uniformes, désolés, présence humaine incertaine, qui mutent lentement, se métamorphosent au contact de débris sonores qui s’entrechoquent.  Sur une seule des quatre pièces apparaîtra une rythmique battante. Indus massif en boucle, jet continu au coeur du réacteur. Méditative et angoissante, la musique de Yoke convoque immanquablement des références cinématographiques – David Lynch tapi dans l’ombre, Tetsuo, l’ovni cyberpunk japonais de la fin des années 80. Un film sans images. Du cinéma noise pour tes oreilles, en quelque sorte.

 

>>>>>>>>>> YOKE

 

« En lambeaux dans le chaos » (Tuscoma, Coilguns – L’Ecurie, 22 sept.)

La petite cour devant l’Ecurie est presque noire de monde lorsqu’on arrive. Drone to the bone fête ses 9 ans et, malgré quelques concerts moins suivis, sa programmation radicale et avant-gardiste est incontournable pour les amateurs de bruit et de fureur. Puis faut dire que Coilguns est précédé d’une sacré réputation sur scène, hé hé. A peine le temps de passer au bar, que Bruno annonce le début des hostilités avec Tuscoma. C’est parti !

Loins d’être des inconnus, ce duo néo-zélandais officiait auparavant sous le nom de Hollywoodfun downstairs – passés à Genève il n’y a pas si longtemps d’ailleurs (déjà en formule à deux). Le groupe a opéré une mue progressive : originellement trio, ils pratiquaient un punk noise qui se prenait parfois des coup de speed ultra-rapides et hurlés qui faisaient leur particularité. Des surfeurs de satan en quelque sorte, mais qui ne crachaient pas sur les mélodies. Sous le nom Tuscoma, le speed prend le devant de la scène et le surf reste au placard.

Mur du son quasi ininterrompu. Blast-beats impitoyables et voix hurlée en arrière-plan comme sous le choc d’une électrocution continue, dont l’effet est encore accentué par l’éclairage aux néons blancs éblouissants. Je sais pas si le public attentif et statique est comme moi, légèrement surpris et dubitatif devant la décharge sonore des néo-zélandais fortement déconseillée aux épileptiques. Pas inintéressant, loin de là, mais on respire un peu quand le groupe retrouve du groove avec le dernier morceau et sa rythmique presque garage.

Les quatre lascars de Coilguns font une entrée bien classe en trinquant sur scène (whisky ?), instruments déjà en place. Ca sent le savoir-vivre et la camaraderie. Et l’envie d’en découdre aussi. Dés les premiers accords, Louis Jucker, le chanteur, se jette sur les premiers rangs, dans un espèce de saut de l’ange mi-ruée de mélée, mi-pulsion suicidaire. Le groupe place son concert sous le signe de la tension maximum, de la folie, de la confrontation avec le public et de l’envie de vivre un moment taré avec lui.

Et c’est exactement ce qu’ils firent. Coilguns soumet le public à un feu nourri et interrompu de leurs brulôts hardcore-noise-metal qui ne se soucie pas trop des genres et de la bienséance, tant que ça défouraille. Et parfois avec tout à coup un groove électrocuté génial à tomber. Coilguns sait même faire le rock.

L’intensité émotionnelle et l’engagement physique ont quelque chose qui rappelle certains groupes hardcore des années 90. Born against ou Heroin, au hasard. Même si c’est pas exactement la même chose évidemment. De même les danses folles et le discours personnel et inconventionnel du chanteur entre les morceaux, très loin des poses habituelles dans ce genre de musique. En sortant de ce concert éreintant, tu ne sais plus grand chose mais tu sais au moins que tu as vu de la musique vivante.

>>>>>>>>>> TUSCOMA

>>>>>>>>>> COILGUNS

>>>>>>>>>> DRONE TO THE BONE

« La théorie de l’électrocution » (La Confraternita del purgatorio, Don Vito – Cave12, 9 oct.)

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Dans la programmation de Cave12, des groupes de « rock » – attention, on est quand même assez loin de Téléphone, hein -, il y en a pas des masses. Mais quand il y en a, c’est souvent de la haute voltige.

A peine le temps d’entrer que déjà, La Confraternita del purgatorio, groupe italien on l’aura compris, fait résonner les premiers sons de son set. Une batterie pour marteler les rythmiques syncopées et deux gars aux machines pour faire jaillir un flux continu d’électronique grouillant. Symphonie pour épileptiques.

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Viva il papa !

Y’a comme un organisme bizarre qu’a pris greffe sur la machine, une bactérie qui prospère dans les circuits. Une forme mutante qui pullule et prend contrôle du système. Bref, je crois qu’on a un problème.

Le batteur avait même le tee-shirt qui dit « I like the pope and the pope smokes dope » où on voit Jean-Paul II qui fume un joint. Sacrément vintage. Ils en ont pas fait pour Benoît XVI, d’ailleurs. Faut dire que Jean-Paul II, il avait un peu plus une gueule que Benoît XVI aussi. Mais bon, c’est pas le sujet.

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Assez sur cette Confraternita qui, d’ailleurs, n’a joué que 30 minutes. Et au tour des allemands de Don Vito dont le set sera lui aussi court et intense.

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Noise-rock haletant, cartoonesque, en éruption permanente. A la vitesse de la lumière, dans le sillon de Melt-Banana et Lightning bolt, mais qui sait aussi faire danser. Même si c’est la bave au lèvre et le regard fixe et vide.

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Une cocktail explosif génial et finalement assez populaire et qui leur vaudra même un rappel.

Comme un groupe de rock.

Ha.

>>>> LA CONFRATERNITA DEL PURGATORIO

>>>> DON VITO

 

« Usine intime » (Zerö, Mike Watt & Il Sogno del Marinaio – Usine, 12 octobre)

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L’Usine en mode café-cabaret feutré, si, si, c’est possible. Peu d’affluence ce mercredi soir, malgré les grands noms à l’affiche.

dscn2511Les lumières de Zérö étaient intégralement rouges, sûrement pour rappeler la pochette de leur dernier disque. De Bästard, leur ancien groupe (dont ils joueront d’ailleurs un titre), je me rappelle une musique balladeuse, capable d’emprunter à presque tout, de l’ambiant au noise, au cabaret, aux musiques traditionnelles…

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Zérö a aussi cette dimension touche-à-tout, cinématographique. Musique tendue, brumeuse. Parfois un peu insaisissable, à l’image des visages évanouis de leur pochette encore une fois. Mais aussi traversée de montées de tension stridentes…

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Après les ombres mouvantes de Zérö, le punk-rock expérimental et malicieux de Mike Watt, acoquiné avec le duo italien Il Sogno del Marionaio.

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Avec toujours ce style inimitable – quelque part entre rock minimaliste et progressif, si vous avez du mal à imaginer, vous n’avez qu’à écouter –  et cette voix reconnaissable entre mille, Mike Watt continue de tracer son bonhomme de chemin. L’ex-Minutemen (pères de tous les punks de traviole de la terre) et bassiste des Stooges* a toujours la patate pour venir jouer dans des endroits sombres et enfumés. L’Usine cette année, Bellecombe-en-Bauges en 2014. A plus de 60 ans, avec son inamovible chemise à carreaux, il est la preuve vivante que le punk-rock, ça peut être autre chose qu’une musique formatée. Il me fait penser à un monde où on oublierait pas qu’on a été un gosse, où on oublierait pas qu’on peut être passionné, que ça peut être beau de créer, envers et contre tout.

Hey, c’est pas un peu la classe, ça ?

*Après Steve MacKay au Poulpe (avec Bunktilt), en 2014 ou quelque chose comme ça, c’est le 2e Stooges que je vois en concert dans le coin ! Hé hé ! A quand Iggy pop à Urgence disks?

« Sonique beauté » (Filiamotsa/G.W.Sok, Bouffon de la Taverne, 12 sept. 2015)

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Hey, quelques images du concert de Filiamotsa, hier, à la Taverne de la république avec G.W.Sok.  Un groupe assez unique : deux violons, une voix, une batterie et un synthé (ou une machine qui y ressemble…) et des morceaux impressionnants qui tissent post-punk the Exien, psychédélisme grinçant style Velvet et atteignent au bout d’un moment la vitesse supersonique dans une atmosphère symphonique très post-rock. Impressionnants, même si une certaine urgence punk me manquait parfois. Heureusement qu’il y avait G.W.Sok et ses poèmes surréalistico-politiques (textes pas inclus dans leur dernier disque, dommage), sa voix et son attitude immuables, comme déterminé à débiter la litanie des absurdités du monde jusqu’à sa fin.

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Même s’il ne leur ressemble pas, j’ai trouvé que ce groupe sonnait parfois comme un hommage à The Ex, à leur façon assez unique d’être de traviole et de faire du bruit, depuis pas mal d’années.

Plutôt classe, en tous cas, de voir des concerts comme ça à prix libre…

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Le groupe rejoue mardi, au même endroit je crois, un set davantage consacré à la poésie – dont on a eu un petit aperçu avec une reprise de « Holy » de Allen Ginsberg. Ca donnait des frissons, beau comme du Patti Smith. Ca pourrait être une soirée pas trop mal…

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Et puis, le concert a été mis en ligne (mais c’était mieux en vrai)…

« Partouze sonique intégrale »* (La Colonie de vacances – Place des volontaires, 6 juillet)

M 4 Un petit mot sur ce concert hors du commun qui s’est tenu lundi 6 juillet en fin d’aprem, sur la place des Volontaires, devant l’Usine. La colonie de vacances, c’est quatre groupes – Marvin, Papier tigre, Pneu et Electric electric -,  sur quatre scènes, se faisant face, et le public au milieu. Le dispositif fait son petit effet et les passants que je croise n’en croient pas leur yeux.

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Electric electric

EE 2 Les groupes jouent à la fois des morceaux qui appartiennent au répertoire de chacun – en général le groupe commence son morceau et les autres interviennent petit à petit sans crier gare, ou envoient tous la purée en même temps – ou composés pour ce projet spécifique.

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Yeah Marvin yeah

On peut rester au centre et profiter un maximum du son, façon rave party, ou se balader d’un groupe à l’autre, façon British museum, goûter un peu à la noise électro énigmatique d’Electric electric, au rock tendu et ciselé de Papier tigre, au chaos bubblegum core de Pneu ou aux tubes heavy de Marvin.

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Papier tigre

Quelques petits problèmes techniques viennent perturber le concert mais ne gâche pas le plaisir de ces groupes de faire du noise ensemble. Se démener sous la canicule, une bien chouette façon de fêter l’été.

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Ladies and gentlemen : Pneu

*Oui, c’est clair que j’aurai pu trouver un titre plus classe (j’avais pensé à des choses comme « Les polyphonies noise »…) mais je me suis dit qu’une référence cochonne bien sentie aurait plus de chance d’attirer des visiteurs… Malin, hein ?

« Ils sont fous, ces anglais ! » (YCVN, Death Pedals, Palehorse – The Hope and Anchor, 20 juin)

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De passage en Angleterre, je profite d’un peu de temps libre pour aller faire un tour à Londres, goûter un peu de noise british. Vive les voyages culturels !

La soirée est organisée par Rip this joint!, un collectif de groupes et d’artistes londonien, et se passe au Hope and Anchor, un pub musical du nord de Londres. Qui a vu passer pas mal de noms (Specials…) dans ses murs, si j’en juge par les affiches qui le tapissent. Trois groupes à l’affiche, trois styles différents.

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YCVN

YCVN est un duo batterie / claviers, électro, etc. mais YCVN ne se cantonne pas pour autant à de la musique minimaliste car YCVN est un groupe assez débordant qui ose beaucoup de choses. Non, je n’ai pas dit que ça partait dans tous les sens, mais ça part dans beaucoup de directions. La voix trafiquée un maximum et le synthé qui voit trouble m’ont fait penser à Dévo ou Kraftwerk, mais les mélodies popisantes rappellent des choses déjà moins avouables. Enfin, on ne s’ennuie pas une seule seconde, même si ce n’est pas forcément le genre de musique que j’écouterais sur disque chez moi. Pas volontairement, en tous cas.

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Death pedals yeah !

And now for something completely different… Death Pedals est un groupe dont j’avais entendu parler sur le zine noise ultime « Perte et fracas » (que tu devrais aller consulter si tu ne connais pas car il y a là un amour de la musique noise qui dépasse tout entendement). Mini sound-check, le bassiste affiche un sourire satisfait au son gras et saturé qui sort des baffles et c’est parti pour un set de punk-rock survolté qui ne connait pas de repos. Punk-rock qui ne quitte presque jamais ce bon vieux mid-tempo des familles, qui a dû être considéré comme le summum de la sauvagerie il y a longtemps, mais qui rocke encore bien les chaumières aujourd’hui. Leur son m’a fait penser à des choses comme Husker Dü et tirait sur le noise sur certains morceaux plus répétitifs et monocordes (adjectifs employés ici uniquement dans leur sens positif, je précise).

Palehorse est un groupe qui visiblement avait plusieurs fans dans la salle mais qui ne m’a qu’à moitié convaincu. Les deux basses et la batterie font un super boulot : c’est lourd, ça sonne terrible, ça tourne comme un animal dans sa cage prêt à se jeter sur les grilles. Seulement, la voix, à côté, ne fait pas le poids. Le chanteur se rabat souvent sur des hurlements ou grognements qui ont pour effet de transformer ce groupe en cliché hardcore alors que sa musique aurait pu être autrement plus prenante et dérangeante en cherchant autre chose. Mais bon, n’est pas Oxbow qui veut…

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Palef***inghorse

Bon, ce n’est qu’un avis subjectif. Par contre, ce qui est objectif c’est les gros lourds qui se sont mis à pogoter si violemment qu’un gars du public qui ne demandait rien à personne a failli s’évanouir quand il s’est pris un coup. Il a fallu que le groupe intervienne et que le chanteur fasse la sécurité dans le public sur le dernier morceau pour que ça se calme un peu et que le concert puisse s’achever, dans une ambiance plutôt tendue. Merci, les gars. La testostérone, c’est la plaie des concerts punk.

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Et ça, c’est une peinture de Joram Roukes, « The great beyond » (Stolen space gallery) qui illustre peut-être l’idée qu’on n’a pas tant changé que ça depuis l’état sauvage…

Anne-James Chaton/Andy Moor, Massicot – Cave12, 8 mai

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Vernissage de sortie d’album pour le groupe genévois Massicot, avec, comme première partie de choix, le duo Andy Moor (guitare / The Ex)/Anne-James Chaton.

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Anne-James Chaton à la voix, Andy Moor aux brosses

Enfin duo… la bande-son et les images fixes projetées jouent un grand rôle dans la performance de ce duo-là. Les textes/poêmes d’Anne-James Chaton sont minimalistes, factuels, des relevés, des listes. On navigue entre l’anecdotique, l’information pure et le vertige créé par l’accumulation. Ils fonctionnent souvent à la façon d’énigmes, comme celui sur la mort de Diana ou celui, très poétique, où l’on comprend plus ou moins qu’il est pornographique (dumoins c’est ce que j’ai cru comprendre… )

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Dis d’une voix profonde et imperturbable (que j’ai trouvée impressionnante de maîtrise), il y a quelque chose d’objectif, de froid et en même temps qui amène vers une tension sourde. Comme si ces chiffres, ces faits, ces infos qui sont une grande partie de notre quotidien étaient un écran où parfois on distingue le drame et l’humain. Les références à la religion et au sacré sont d’ailleurs très présentes…

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Andy Moor comme vous ne l’avais jamais vu !

La guitare d’Andy compose un décor sonore, ou passe par dessus et viens parasiter la voix, ou raconte des histoires dans son coin. Les projections ancrent dans le contexte. L’ensemble à un peu un côté Godspeed you black emperor! (Les lignes de guitares ont d’ailleurs un petit goût post-rock, enfin quand même façon The Ex, hein).

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Massicot

Cave12 est remplie lorsque les Massicot montent sur scène. Leur set était bien trépidant, emmené par une basse-jouet qui donne une tonalité de traviole à leur musique répétitive et malicieuse. Mais j’avoue que j’étais plutôt fatigué et je n’ai pas profité plus que ça du concert. C’était la fête, en tous cas.

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« Destination : qualité » (Nevraska, Shizune – La machine utile, 1er mai)

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Moi je dis : concert punk, photo punk.

Première fois pour moi dans ce lieu de la culture underground annecienne. L’accueil est bien sympa, par des sculptures post-industrielles d’abord, puis par des humains ensuite.

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Nevraska pied au plancher

La salle n’est pas très grande mais il y a une petite foule humaine bien dense qui s’y serre lorsque Nevraska commence son set. Petite intro lancinante qui fait chauffer les lampes de l’ampli puis le duo basse / batterie lance le moteur et on ne ralentira pas trop par la suite. Nevraska, ça file droit, ça négocie les virages serré et sans temps mort. Faut suivre. Faut rester concentré. Pas trop se laisser attendrir par le paysage parce qu’on risquerait d’avoir de mauvaises surprises. Le duo, c’est une formule light qui peut paraître austère, mais il y a comme une évidence dans la musique de ce groupe,. Peut-être ces mélodies qui parcourent les morceaux, peut-être le dialogue basse/batterie qui fonctionne particulièrement bien. Je ne sais pas…

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Shizune

« And now for something completely different… » Le punk-rock a plein de visages différents et c’est ça qui est bien. Shizune est un groupe d’emocore qui vient d’Italie. Leur émo est classique – c’est-à-dire que c’est un savant (hmm…) mélange de mélodies et de chaos, d’alternances de passages hurlés ultra-intenses et d’autres posés, presque méditatifs. On peut aimer ou mépriser cette musique – surtout quand on la connait à travers des caricatures ou des versions affadies  – , mais pour moi elle exprime / a exprimé quelque chose qu’aucune autre musique n’exprime. L’émo, c’est le punk sans l’idéologie, la révolution sans la violence, la radicalité ET la sensibilité. Bref, bref, j’ai trouvé que les italiens le faisaient bien, ils ont balancé leur sauce sans trop en faire non plus (comme je disais plus haut, avec l’émo, on tombe assez facilement dans le cliché).

Shizune

Les petites discussions post-concert ont confirmé cette impression : des gens ouverts, abordables et passionnés.

Comme tout le monde rencontré ce soir-là, d’ailleurs !

PS Le titre de cette chronique est emprunté à Pneu. Chouette groupe, Pneu, non?