« Jeudi noise » (Black Mont-Blanc, Videoiid – Tilleuls, 6 déc.)

Virée aux Tilleuls un jeudi soir. Arrivé à l’arrache mais assez tôt pour passer un moment avec les groupes de la soirée. Alors qu’on avait prévu de les faire jouer tous deux ce soir, on a eu la surprise d’apprendre que les batteurs respectifs des deux groupes se connaissaient et avaient même joué ensemble à une époque ! La soirée part sous de bons auspices. Frank raconte sa tournée en autonomie en Russie, du nord jusqu’à la Crimée avec son projet solo Sheik anorak. Ca ferait un tour report d’enfer !

Il y a déjà un public assez nombreux – pour un jeudi – lorsque commence le concert de Black Mont-Blanc. Faut dire que le trio comporte la section rythmique des Don caballero locaux – We are the incredible noise – et qu’en plus ce groupe dont on compte les concerts sur les doigts de la main jouait pour la première fois à Annecy, il me semble bien.

Probablement à cause du son, leur musique fait une impression moins violente, moins rentre-dedans que lors de leur prestation au Poulpe. Post-hardcore technique, en ébullition. Voix gueulée qui se débat dans ses entrailles. Basse retorse, perverse, qui cherche le point de faiblesse, de rupture.

Quelques moments qui respirent davantage mais le trio ne laisse guère de repos au public et son set punitif le laisse pantelant, avec toujours l’envie lancinante d’en entendre plus. Quand sortiront-il quelque chose ? Un jour, peut-être, peut-être.

Le deuxième trio de la soirée, Videoiid donc, est un groupe plutôt groupe récent formé par Frank, lyonnais exilé à Göteborg, et Arvind et Sara, deux musiciens suédois. Ils n’ont pas tant tourné en France que ça et viennent de sortir leur premier EP, donc c’était plutôt cool de les recevoir ce soir-là aux Tilleuls

Punk dissonant, tribal, hypnotique. Gerbes de guitares qui déraillent. Sur scène, la musique de Videoiid est en éruption continue et leur set court mais intense fait une impression plus urgente, plus primaire encore que sur leur enregistrement.

Ou peut-être que c’était un de ces moments spéciaux où il se passe quelque chose, puisque le groupe lui-même nous racontera après que ce concert était pour eux particulièrement réussi. En tous cas, il laissera sa marque dans nos cerveaux sidérés, de même que cette excellente soirée qu’on prolonge par une interview à paraître très bientôt.

>>>>>>>>>> BLACK MONT-BLANC

>>>>>>>>>> VIDEOIID

>>>>>>>>>>BISTRO DES TILLEULS

« Sonic Youth, mobylettes et album jazz de l’année » : une interview avec NURSE

Après la sortie de son premier album, à la fois attachant et impressionnant, sans parler de leurs prestations scéniques enflammées, une interview avec Nurse s’imposait. On a pris rendez-vous à leur local de répétition au Poulpe, enclenché le bouton On de la caméra et laissé filé l’enregistrement. Ben (chant), Ram (basse), Manu (guitare) et Simon (batterie) se sont prêtés avec bonne humeur au jeu de ce qui était au final plus une conversation en roue libre entre copains, un peu réécrite et recomposée pour que le résultat soit lisible et intéressant.

Première question un peu débile : votre album est sorti il y a un mois, est-ce que vous êtes contents ?

Nurse : On est contents! C’était très très long, deux ans, quasiment.

Manu : Trois ans pour composer, deux ans à enregistrer !

Pourquoi est-ce que c’était aussi long ?

Ben : J’ai mis énormément de temps à trouver mes lignes de chant. Il fallait que je digère le style qu’on avait mis en place tous les quatre. J’avais jamais écrit de chant mélodique, j’ai fait que du hardcore avant ! Et puis, il m’a fallu un an pour me trouver une technique d’enregistrement. Le studio, ça me gave. J’ai enregistré tout seul avec des enceintes. Je passe l’enregistrement. A fond – tu rentrais dans la pièce, ça faisait mal. Micro à la main, j’ai tout enregistré comme ça. C’est en prenant le temps que j’ai fini par trouver ça. Je pouvais faire ce que je voulais. J’étais pas content, je recommençais. Maintenant que je sais comment j’enregistre, je pense que ça ira plus vite à l’avenir.

A Ugine, juin 2016

Est-ce que vous pourriez me refaire l’historique de Nurse ?

Ben : Les deux garçons là (Manu et Ram) jouaient dans un groupe qui s’appelait Shivaz et moi, j’avais un groupe de fusion, Full dawa. On a commencé à se connaître sans jouer ensemble. Shivaz ont eu un mini succés local et ensuite j’ai monté un groupe de metal-hardcore qui s’appelait NFO. Eux, ils avaient un peu envie d’arrêter Shivaz. Et moi, ça me disait bien de faire autre chose que du métal. On a monté ce projet – Borefat cohesion – on a fait un petit disque auto-produit. Quelques concerts. Les gens aimaient bien. Et puis, on a voulu enregistrer un nouveau truc. Sauf que le batteur est pas venu. Du coup, ça s’est arrêté.

Manu : Et le jour même, j’ai appelé Simon.

Donc ça, c’est l’ancêtre de Nurse…

Ben : Y’a encore un truc entre les deux. On a composé avec Simon, sur les cendres de Borefat. En faisant un peu le même style mais en changeant un petit peu. Ca s’appelait Latte machiatto (Fou rire général). On a fait un concert au Poulpe qui s’est avéré être une catastrophe. En plus, les gens qui aimaient bien Borefat nous attendaient, ils sont tous venus nous voir et on s’est vraiment vautré. On s’est pas revu pendant trois mois. Pas d’appel, pas de répète, rien. Silence radio. Puis, on s’est revu, on s’est remis à composer mais en voulant faire autre chose. En partant de l’album « Sonic nurse » de Sonic youth.

Rami : On a jammé, on a fait un morceau. C’était cool. Calme, aéré par rapport à ce qu’on faisait avant. C’est le deuxième du disque. Tout est parti de là. C’est tout pompé sur Sonic Youth, Nurse !

La Spirale, Annecy, septembre 2017

Qu’est-ce qu’il représente pour vous, cet album de Sonic youth ?

Ram : C’est pas celui que les gens préfèrent. Il y a ce morceau, le cinquième,, Stones.

Ben : C’est hyper beau.

Ram : Ce morceau, il est incroyable.

Est-ce que vous pouvez me dire un mot sur la pochette de l’album ?

Ben : C’est le grand-père de Manu, dans le nord de la France.

Simon : On avait une idée super et c’est tombé à l’eau…

Ben : On voulait faire un portrait d’un pote, qui a une tête – une gueule, quoi. Il nous avait dit oui et puis plus de nouvelles et puis il a dit je suis pas photogénique, ça sert à rien.

Simon : En fait, cette photo, plus tu regardes et plus tu vois qu’il y a tout. Le Ricard, la grosse clope, des bouteilles de gaz, tu sais pas trop, les briques, un chien et puis surtout, il y a le grillage qui prend toute la place. Et ça, c’est génial !

Manu : C’est marrant qu’il ait dit oui… Je suis pas là pour longtemps, va-z-y ! Il a le même âge que moi…

Ram : Il y a cinquante ans…

Ben : On voulait pas un truc en rapport. On voulait pas qu’il y ait le nom. On est content que ce soit une photo qui nous appartienne.

Tu peux toujours voir des rapports…

Manu : Ouais, là, mon grand-père, il montait son affaire, c’était une période merdique. Il était en usine avant. Tu vois ce que ça pouvait être… Il vivait dans une baraque ouvrière à côté de l’usine. Bossait six jours par semaine. Voisins avec ses collègues. Il monte son truc. C’est un peu un échappatoire, quoi. Tu retournes le disque, tu vois l’autre image. Tu te dis : putain, il avait envie de se barrer !

Une question un peu Michel Drucker : on évoque souvent les années 90 quand on parle de votre musique, pouvez-vous nous raconter vos années 90 ?

Ram : On est plus de la fin des années 90. Le lycée, Nirvana, Noir désir…

Ben : En 4e, j’avais 15 ans. Je répétais avec un pote qu’avait une mobylette pourrie et j’avais la batterie dans le sac ! J’étais le batteur et je jouais sur une batterie Mickey !

Ram : C’était le moment où, même dans le rock, on commençait à affirmer notre truc. Moi c’était l’alterno français, Les Shériffs…

Simon : Les tout premiers CD, Nofx…

Ben : Et la découverte des premiers groupes un peu durs. Le premier disque que j’ai eu, c’était War de U2. J’écoutais beaucoup, jusqu’en 5e. Après, mon frangin a dû acheter Tostaky. J’ai écouté. Je me suis dit, putain, c’est quoi ce truc-là ? Cette intensité, cette énergie… Même maintenant, tu me mets Tostaky et tu me mets n’importe quel Metallica, je trouve que Noir désir, c’est plus dur. Mais à l’époque, avec le son heavy metal, la batterie, la grosse prod, quand t’as 15 ans, ben… je suis allé bien dans le metal. Assez loin. Pour revenir, tranquillement. Je suis revenu à Nirvana bien plus tard. J’aimais bien Nirvana mais j’étais pas hyper fan.

Simon : Et puis, c’était les premiers concerts, les Plateaux rock à Annemasse où toute la scène alterno passait. Les Thugs, No one is innocent, Les Shériffs, Silmarils… Tu voyais le batteur torse nu et tu te disais Waouh ! C’est ça que j’ai envie de faire !

Vous êtes dans le scène locale depuis un paquet d’années, comment est-ce que vous l’avez vue évoluer ? Comment est-ce que vous la jugez maintenant ?

Ram : Ca bouge moins.

Simon : Tout ce qui est SMAC – genre Chateau-rouge – au début, on trouvait ça plutôt cool. Et maintenant j’ai l’impression que ça a tué tous les petits lieux. Les bars. J’ai l’impression qu’avant c’était plus simple de jouer pour un groupe qui commençait.

Ram : Au début des années 2000, il y a eu une pétée de petits festivals. Il y en avait partout !

Ben : Dans les villages, ils ne faisaient plus de bals, ils faisaient des festivals ! Tous les petits groupes – comme mon premier groupe, on était vraiment nuls – tous jouaient ! Ca, ça a disparu. Avec NFO, on jouait avec des groupes de reggae, de chanson, avec les Shivaz. C’était tout mélangé ! C’était cool !

Simon : Je pense que c’est la professionnalisation de la musique qui a tout tué. Les groupes prennent plus cher parce que c’est devenu leur job. Tous les prestataires prennent plus cher.

Manu : Les Rockailles, au début, ça marchait bien, on s’est tirait à peu près (Manu a fait partie des premiers collectifs d’organisations du festival des Rockailles, NDLR). On faisait passer des groupes qui prenaient peut-être 2000 balles et, en deux ans, c’est monté à 15000 boules… En fait, pour que ça marche, fallait faire en sorte que ça te coûte rien ou pas grand-chose. Nous, on voulait faire ça pour faire passer des groupes qui nous faisaient envie et puis, rapidement, on a été pris à la gorge parce qu’il fallait négocier. C’était pas notre boulot !

Ben : Business, quoi. Il y a un gros creux. Comme un peu partout, je pense…

Les Tilleuls, Annecy, septembre 2017

Ben, t’as aidé à organiser des concerts dans des lieux alternatifs comme la Machine utile. Comment vous vous placez par rapport aux lieux plus institutionnels ? Est-ce que vous faîtes une différence ?

Ben : Ah ouais, moi je fais une énorme différence. Je ne leur parle pas de la même manière. Après, le truc, c’est que j’y travaille, dans les lieux institutionnels (Ben est éclairagiste, NDLR). J’aime bien, comme pour tout, avoir un pied dans plein de trucs. Ca me fait marrer. J’aime bien faire la lumière dans des gros machins et j’aime bien les squatts où il y a pas de lumière. En vrai, je prend plus de plaisir dans un squatt où il y a pas de lumière ! Musicalement, par rapport à ce qui se passe. Après mon métier, ça reste la lumière. J’ai une vraie passion pour ça.

A ton avis, quelle devrait être la relation entre les deux ?

Ben : Il n’ y a aucun problème. Pourquoi les grosses salles pourraient pas programmer un groupe de noise ? Je considère que c’est leur rôle. C’est ce qu’ils font, plus ou moins. Le problème, c’est la fermeture des grandes scènes à la scène indé et à la scène locale. Ils ouvrent leur petite salle volontiers, mais ils l’ouvrent parce que c’est dans leur cahier des charges, pas par plaisir. Enfin, c’est pas vrai, ça dépend des programmateurs. Le problème, c’est le dialogue, on parle pas la même langue.

Ram : Mais bon, nous, en tant que groupe, on a aucun combat contre l’institutionnel…

Ben : Ouais, mais Simon il est en colère. Et moi aussi, mais en même temps j’y suis alors je comprends plein de choses. Mais il a aussi des choses que je ne comprends pas. Je pense depuis très longtemps que les gens qui sont à ces postes, ils devraient changer tous les cinq ans. Le mot est peut-être fort mais ils sont blasés. Un peu. Et puis sur les grandes scènes, ils se battent avec les prods. Exactement comme ce que Manu t’as raconté tout à l’heure. Le problème c’est que quand t’as des mecs qu’ont pas de culture alternative, ils s’en remettent au tourneur qu’il connaissent et on a toujours les mêmes groupes.

Simon : Et on en vient au truc de la professionnalisation de la zique… Et puis, ils prennent le problème dans le mauvais sens. Le public, en fait, il faut l’habituer. Genre le Poulpe, maintenant ils ont leur belle salle. C’est rarement vide, quand même. Ils ont réussi à fidéliser des gens qui vont voir les concerts, même si ils ne connaissent pas le groupe… Et les grosses salles, c’est : le tourneur nous a vendu un truc, c’est bien, on va remplir notre salle. On est content ! On se pose même pas la question de faire jouer un groupe en première partie. Je sais pas… Pour moi, c’est juste pas logique… Pour ces gens, ça paraît un truc impossible de faire jouer un groupe local avant deux autres groupes, alors que les assos elles font jouer quatre groupes dans la soirée et c’est cool. Ca se passe hyper bien.

Ram : Mais parce que les salles c’est les cantonniers de la musique ! Ils sont dans leur petit rythme tranquille, faut pas trop changer ! C’est des cantonniers de commune, j’ai rien contre mais faut dire les choses…

Ben : C’est dur parce qu’on arrive pas à foutre nos groupes là-haut…

Simon : L’argent des subventions, il vient de qui ? Il vient de nous, il vient des impôts. Alors tu en fais profiter tout le monde. Je demande pas d’être payé 1000 balles à chaque fois que je vais jouer mais un minimum de considération. Tu files 100 balles au groupe. Les groupes de lycéens, tu leur files à bouffer. Tu leur files un jeu de cordes ! Tu vas voir un magasin de musique, tu mets leur logo au bas de l’affiche. Les solutions, elles existent. C’est juste que les gens en ont rien à branler !

Il y a des fois, on connaît des groupes étrangers qui déchirent qui tournent en France et qui trouvent à peine quelques dates, on se dit bon sang c’est dommage de pas pouvoir avoir accés à ces salles…

Simon : Les mecs à la programmation, ils lisent les Inrocks et puis c’est fini.

Ben : Et puis les coups de pression du style : OK, je te fais celui-là un peu moins cher mais par contre tu me prends celui-là. C’est du business. Quand t’essayes de discuter, tu parles pas le même langage. Nous, en toute sincérité, avec le recul, on a pas tous les tenants et aboutissants de ces gens-là. C’est sûr. Et eux, ils ont une vision qui est fermée.

Simon : Au début, il y avait une émulation mais maintenant, ils programment la scène locale et il y a personne. Pourquoi ? Parce que les gens peuvent nous voir ici au Poulpe ou au Moderne avant et c’est vachement plus sympa !

Ben : Moi, y’a un truc qui m’a énervé. Au café à Château-rouge dans leurs soirées intermèdes – parce qu’il faut qu’il y ait un nom à ces soirées, comme si les gens en avait quelque chose à foutre – ils programment un gars qui fait des reprises. Des reprises à Chateau-rouge ! Le mec – que j’apprécie, hein – il joue que dans des cafés où les mecs veulent se faire du fric, OK. Mais à Chateau-rouge ? Dans un lieu subventionné ?

Simon : Il y a mille groupes qui veulent jouer, putain…

La batterie de la caméra qui enregistre l’interview s’arrête à ce moment-là. On n’y fait plus attention. Le flot de la conversation nous mène jusque tard dans la nuit. Ben raconte son expérience comme hurleur dans un groupe de jazz d’avant-garde local, qui sera finalement élu album jazz de l’année. On évoque les projets du groupe, les concerts passés et à venir, un projet de label. A suivre…

Toutes les photos de Nurse sont tirées de l’excellent blog photo Lowlightconditions. Merci à lui !

>>>>>>>>>> NURSE

« emo pop-punk social club » (Sport – Tilleuls, 29 juin)

Vendredi dernier au Tilleuls. Avec un seul groupe, Sport. Ils ont vraiment une thématique autour du sport. Sur leurs premiers disques, tous leurs morceaux avaient comme titre des événements sportifs ou des célébrités du sport. Mais ils ont l’air de s’être lassés.

Emo pop-punk foutraque et adorable, dans une chaleur à crever. Des échos de Braid, Get-up kids, le label Jade tree.

Public toujours trois fois trop nombreux pour le lieu. Dégueulant largement sur le trottoir. Pas littéralement, hein.

Pas cette fois.

>>>>>>>>>> SPORT

« Plaisir d’offrir, joie de recevoir » (Catalgine, Nurse – Bistro des Tilleuls, 16 sept.)

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Le Bistro des Tilleuls est un bar historique – pour ne pas dire mythique – d’Annecy, qui a récemment réouvert avec une nouvelle équipe aux commandes. Les murs couverts d’affiches et jaunis par les années tabac témoignent de l’histoire de l’endroit.

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Les copains de Nurse nous avaient emmenés dans leurs valises et c’était génial de jouer dans ce lieu.

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Notez la pub pour les clopes à l’arrière-plan.

Forcément, la place était pleine de rockeurs qui connaissent leur affaire et qui te font des retours pointus à la sortie du concert, sur le son ou la ressemblance avec tel groupe obscur du début des années 90. La classe.

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Nurse, comme à leur habitude, ont été fantastiques et sexy. Je dis pas ça au hasard, hein, mais bien après recueil de témoignages auprès d’un échantillon représentatif du public, notamment féminin. Faut un minimum de déontologie, tout de même.

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Le groupe a fini d’enregistrer son premier album, qui devrait sortir dans un avenir pas trop lointain. Ils semblent avoir encore affiné leurs parties mélodiques, dansantes, parfois presque groovy, qui alternent avec des passages plus chaotiques et bruyants bienvenus. Nurse fait monter la chaleur.

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Ils seront à la Spirale le 30 septembre avec Thee Sweeders et Sloks, le groupe de turbo-garage italien furieux dont on peut lire l’interview dans ces pages. Quant à nous, on joue le 13 octobre à la Brasserie pirate, avec deux chouettes groupes : Disco-boule et Don aman.

Faut venir, c’est la fête.

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>> CATALGINE

Banzaï + Capush (Bistro des Tilleuls, 22 avril)

Le collectif Underground family proposait hier une soirée en soutien au deuxième volume de la compilation « Mort/vivant ». Ces compils ont pour but de documenter la scène alternative d’Annecy, passée ou actuelle.

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Les hostilités ont commencé avec Banzaï, un groupe qui  mélange allègrement les styles – je dis ça quasiment à chaque fois que je parle d’un groupe mais là c’est vraiment vrai – ou plutôt les passe au broyeur musical pour en ressortir une mixture toute personnelle. On passe sans crier gare d’un ska à un riff de trasher pour retomber sur une mélopée des îles, de traviole. L’abus de rhum planteur, probablement. Ce rock de western spaghetti est vraiment marrant.

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Capush est un groupe d’Annecy qui se reformait pour l’occasion. On me l’avait présenté comme une formation marquante, vraiment à voir.

Le set donnait une impression assez hétérogène, passant de la chanson française ragga à des morceaux plus pop ou hip-hop au gré de leur répertoire. Assez fourni, j’imagine.

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J’ai écouté un peu distraitement cette musique qui ne me parle pas spécialement, pris par les diverses conversations et rencontres. Les deux de Nevraska étaient là, par exemple, après une looongue dernière journée de mixage de leur album à venir…

Puis, tout à coup, de la beauté post-punk ou new wave s’est mise à s’échapper des enceintes. Changement radical. Le chant, toujours mélodique, était devenu tendu et habité, en anglais. Waaah… Le synthé hypnotique dessinait une musique à la fois intense, dansante et sombre qui te scotchait à la scène et te donnait envie de te pencher sur leur discographie,  très très vite.

J’ai fait une petite vidéo d’un morceau qui, malheureusement pour moi, m’a fait davantage penser aux Négresses vertes qu’à Joy divison… C’est la vie !