« Amphetamine reptile dans ton salon » (Bug – Usine, 1er nov.)

Bar In Grad, c’est la version light de Kalvingrad. Concerts un peu plus tôt que d’habitude, prix libre. On commencera directement avec BUG, vu qu’une arrivée tardive ne permet pas d’apprécier le set de Bar, ni celui de Lunch à Urgence disk un peu plus tôt – qui, paraît-il, étaient tous deux très bons dans leur style. L’Usine, on pourrait y passer sa vie.

Bug, drôle de bestiole. Une vingtaine d’années d’existence, environ huit disques à leur actif, une notoriété plutôt relative. C’était la première fois que les Autrichiens passaient à l’Usine. Musicalement, c’est aussi déviant et rétif à la classification. Touche-à-tout. Blues titubant implosant en noise-rock chauffé à blanc. Disco vrillant à la crise de nerf. L’expression de Bruno Drone to the bone – « blackened noise-rock » – résume assez bien la chose.

Sur scène, c’est d’abord la présence du chanteur qui marque. Pas trop d’inhibition, ni au niveau vestimentaire ni au niveau de la danse. John Travolta d’Allemagne de l’est qui aurait fait un tour par la case prison. Ultra-expressif, théâtral, il incarne et orchestre la folie du groupe. Des flashs du concert de The Conformists – autre band conduite par un crooner excentrique – reviennent à l’esprit.

Moins démonstratifs, le reste du groupe ne fournit pas moins une performance irréprochable. Honnêtes artisans d’un noise-rock obscur, frelaté. On pressent parfois un air de famille avec les groupes géniaux d’Europe du nord comme Arabrot ou Raketkonen. Eux aussi conviés par Drone to the bone dans ces murs par le passé. Tiens, tiens.

L’originalité, la sincérité et l’engagement du groupe font de ce concert un moment mémorable. Groupe génial devant une poignée de personnes.

On est habitués.

>>>>>>>>>> BUG

>>>>>>>>>> DRONE TO THE BONE

« ChAOS = OK » (Varukers, The Turin horse – 10 oct.)

Affiche plutôt européenne ce soir-là à l’Usine – comme l’a fait remarqué quelqu’un. Les lillois de Psychophore (avec un(e) membre de 20 minutes de chaos) jouaient d’abord, suivis de Coupe-gorge, un groupe punk-oï genevois très actif en ce moment. J’étais pas là pour ces deux groupes mais quiconque veut savoir ce qu’il en était peut regarder ici ou .

Arrivée tardive donc, au milieu du set des punks anglais The Varukers. Groupe historique assez proche,  idéologiquement et musicalement, de Discharge, dont il compte – ou comptait, suis pas allé vérifié – des membres. Le chanteur annonce que le groupe célèbre ses 40 ans d’activités l’an prochain. Ce qui d’ailleurs ne fait pas réagir grand monde. Est-ce que c’est du au degré d’ébriété dans le public ou au niveau moyen du punk genevois en anglais, ça j’en sais rien.

N’empêche que leur set reste bien agressif. Toutes crêtes dehors, avec paroles haineuses contre les gouvernements, le capitalisme et la guerre et accent anglais à couper au couteau, comme il se doit. Enrico, le guitariste de Turin horse qui joueront juste après, racontera que, lorsqu’il est monté sur scène à la fin du set pour féliciter le guitariste, celui-ci lui a répondu « C’est sympa, mec, mais j’en ai rien à foutre. » Ha ha.

Initialement prévus à la Makhno, à l’étage au-dessus, The Turin Horse avaient été rajoutés sur l’affiche. L’occasion de mélanger les publics, aussi bien. Le 1er EP de ce duo turinois avait fait carrément forte impression et on peut d’ailleurs lire son interview par ici.

Enrico – T-shirt de Père Ubu, petit, trapu et jovial – et Alain –  longiligne, tatoué, plus réservé – sont deux gars à priori assez différents. Mais sur scène c’est une seule et même créature enragée, écumante et tentaculaire. On reconnait The regret song et The light that failed, les deux morceaux du EP – pas de reprise d’Unsane ce soir-là . Et on découvre tout un tas de brulôts tirés des mêmes charbons ardents, qui devraient fournir la matière de l’album à venir. L’ambiance est à peine tempérée par un morceau plus calme, atmosphérique et menaçant, au mileu du set. Comme du Pink floyd acide.

C’est quand même autre chose de les voir sur scène. On se rend compte de la précision et de la force de frappe du duo. Emotionnel, chaotique et évocateur, leur noise-rock furieux transcende les genres et pourrait certainement parler à des gens de tous horizons. En tous cas, il a fait le bonheur des 15 personnes présentes, qui hurlent leur enthousiasme à chaque morceau et empêchent le groupe de quitter la scène à la fin du concert.

Ben ouais, il y a encore des gens prêts à rester éveillés jusqu’à deux heures du mat en semaine pour être témoins de ça.

>>>>>>>>>>>> THE TURIN HORSE

>>>>>>>>>>>> THE VARUKERS

>>>>>>>>>>>> DRONE TO THE BONE

« Noise punks » (It’s everyone else, Makata-O, Gerda – Zona mutante, 7 oct.)

Concert hors des radars. Dans un squatt hallucinant sur les hauteurs de Genève et devant une poignée d’allumés noctambules. Trois groupes qui passaient par là, pour qui le punk n’est pas affaire de chapelles.

Gerda viennent d’Italie. Gerda est une boule de feu, une boule dans le ventre. Une bête blessée mais pas morte. Un truc concentré, noir, explosif. Noise, hardcore, punk, post. Gerda s’en fout, n’en fait qu’à sa tête. Mais Gerda a joué en premier ET J’AI LOUPÉ GERDA.

Merde, merde, mierda.

C’était quand même une bonne occasion de rencontrer ces frères d’armes des Norvégiens enragés de Moe – avec qui ils ont partagé un split. Très sympathiques, ils essaient même de me remonter le moral en me racontant le jour ils ont fait six heures de voiture pour arriver à la fin du concert du groupe de grind qu’ils étaient venus voir.

Pour se venger, on improvise une petite interview avec les Italiens. Puis on se rattrape (un peu) avec la bonne bouffe vegan préparée pour l’occasion et les allemands de Makata-O. Basse batterie gras, sale et rampant. On dit sludge dans les milieux autorisés.  Et It’s everyone else, duo slovène aux sonorités synthétiques tonitruantes – avec quelques passages plus aériens où la voix de la chanteuse dessine des mélodies douloureuses –  et qui aurait pu accrocher  autant les fans d’Atari teenage riot que ceux de techno hardcore.

La chouette photo de Gerda est de Olive du fanzine Debout les braves ! Merci à lui !

>>>>>>>>>>GERDA

>>>>>>>>>> IT’S EVERYONE ELSE

>>>>>>>>>>MAKATA-O

>>>>>>>>>> DIY ANTI-SOCIAL CLUB

 

 

 

 

 

« En lambeaux dans le chaos » (Tuscoma, Coilguns – L’Ecurie, 22 sept.)

La petite cour devant l’Ecurie est presque noire de monde lorsqu’on arrive. Drone to the bone fête ses 9 ans et, malgré quelques concerts moins suivis, sa programmation radicale et avant-gardiste est incontournable pour les amateurs de bruit et de fureur. Puis faut dire que Coilguns est précédé d’une sacré réputation sur scène, hé hé. A peine le temps de passer au bar, que Bruno annonce le début des hostilités avec Tuscoma. C’est parti !

Loins d’être des inconnus, ce duo néo-zélandais officiait auparavant sous le nom de Hollywoodfun downstairs – passés à Genève il n’y a pas si longtemps d’ailleurs (déjà en formule à deux). Le groupe a opéré une mue progressive : originellement trio, ils pratiquaient un punk noise qui se prenait parfois des coup de speed ultra-rapides et hurlés qui faisaient leur particularité. Des surfeurs de satan en quelque sorte, mais qui ne crachaient pas sur les mélodies. Sous le nom Tuscoma, le speed prend le devant de la scène et le surf reste au placard.

Mur du son quasi ininterrompu. Blast-beats impitoyables et voix hurlée en arrière-plan comme sous le choc d’une électrocution continue, dont l’effet est encore accentué par l’éclairage aux néons blancs éblouissants. Je sais pas si le public attentif et statique est comme moi, légèrement surpris et dubitatif devant la décharge sonore des néo-zélandais fortement déconseillée aux épileptiques. Pas inintéressant, loin de là, mais on respire un peu quand le groupe retrouve du groove avec le dernier morceau et sa rythmique presque garage.

Les quatre lascars de Coilguns font une entrée bien classe en trinquant sur scène (whisky ?), instruments déjà en place. Ca sent le savoir-vivre et la camaraderie. Et l’envie d’en découdre aussi. Dés les premiers accords, Louis Jucker, le chanteur, se jette sur les premiers rangs, dans un espèce de saut de l’ange mi-ruée de mélée, mi-pulsion suicidaire. Le groupe place son concert sous le signe de la tension maximum, de la folie, de la confrontation avec le public et de l’envie de vivre un moment taré avec lui.

Et c’est exactement ce qu’ils firent. Coilguns soumet le public à un feu nourri et interrompu de leurs brulôts hardcore-noise-metal qui ne se soucie pas trop des genres et de la bienséance, tant que ça défouraille. Et parfois avec tout à coup un groove électrocuté génial à tomber. Coilguns sait même faire le rock.

L’intensité émotionnelle et l’engagement physique ont quelque chose qui rappelle certains groupes hardcore des années 90. Born against ou Heroin, au hasard. Même si c’est pas exactement la même chose évidemment. De même les danses folles et le discours personnel et inconventionnel du chanteur entre les morceaux, très loin des poses habituelles dans ce genre de musique. En sortant de ce concert éreintant, tu ne sais plus grand chose mais tu sais au moins que tu as vu de la musique vivante.

>>>>>>>>>> TUSCOMA

>>>>>>>>>> COILGUNS

>>>>>>>>>> DRONE TO THE BONE

« No GVA » (Massicot, Lithics – Usine, 17 sept.)

Pas mal de monde à l’Usine ce lundi soir-là – une fois n’est pas coutume – pour une soirée estampillée, disons, post-punk.

On ne présente plus Massicot, qu’on voit jouer très régulièrement à Genève. Mariage des contraires. Grooves chaloupés et vagues fraîches de dissonances stridentes, mécaniques. Voix qui semble flotter au-dessus de la musique, immuable, répétitive, indifférente. Bande-son drôle et un peu angoissante d’un Buster Keaton dada.

La sonorisation délicate permet d’apprécier les nuances de la musique. Son espèce de présence-absence, qui semble voulue, recherchée, travaillée par les trois musiciennes dont l’interaction avec le public est assez minimale.

Les américains de Lithics, eux, terminaient plus d’un mois de tournée. La veille, ils jouaient à Lyon et étaient plutôt frais pour cette date. Le lendemain, ce serait Prague.

Lithics, c’est ce qui a rapport à la pierre (nous rappelle une publication distinguée). Voix détachée et immuable de la chanteuse, preuve de l’ADN post-punk commun avec Massicot. Son des guitares tranchant comme des lames de rasoirs. Aigrelet, désossé, transparent. Batterie sèche et raide. Même la basse à des airs de jouet.

De cette formule minimaliste qui rappelle les Minutemen – autre ancêtre commun qui pourrait rapprocher les deux groupes -, Lithics tire des morceaux au cordeau, dansants et absolument  imparables. Tubes millimétrés qui parsèment leur dernier LP et qui prennent un malin plaisir à dévier régulièrement de leur route droite et bien traçée.

>>>>>>>>>> MASSICOT

>>>>>>>>> LITHICS

 

« Football : 0 / Hardcore punk survolté : 10 000 » (Tuco, Joliette – La makhno, 27 juin)

Peu de monde ce soir-là à l’étage de l’Usine. A vrai dire, il y a à peine plus que notre groupe de copains lorsque Tuco plaque ses premiers accords.

Plaisir de retrouver leur noisecore massif et tourmenté. Ces longs morceaux pleins de bifurcations soudaines, de répits trompeurs, où suinte la tension malsaine.

Fidèles à eux-mêmes, leur performance est un rouleau-compresseur. On reconnaît quelques vieux titres de leur premier EP, comme le phénoménal Numb et son accélération qui te colle au mur du fond. Le premier album des Suisses devrait sortir ces jours-ci, en format numérique, en attendant un disque à l’automne.

Les mexicains de Joliette, eux, étaient une découverte pour pas mal de monde. En vérité, il y a pas vraiment besoin de beaucoup plus que deux minutes pour comprendre que ce groupe a quelque chose de très spécial.

   Putain de réacteur nucléaire où se fracassent sans discontinuer des atomes de hardcore hurlé, de noise surpuissante. Bouts de mélodies qui traînent en lambeaux dans le chaos et te prennent à la gorge. Breaks constamment sur le fil de la lame.

Le pire c’est que les jeunes Mexicains sont très cools sur scène, avenants et sympathiques. Derrière les fûts, le batteur prend le temps de remonter ses lunettes sur son nez d’un air flegmatique entre deux rythmiques hallucinantes de puissance et de groove. Machine !

Le public s’est massé devant la petite scène. Scotché. Chaque nouvel assaut sonore est accueilli avec ferveur. On en loupe plus une seconde.

C’était fou, ce concert ultime à prix libre devant une poignée de guignols. Au moment où tous les yeux, les oreilles et les porte-monnaies sont tournés vers la folie estivale du Hellfest et son hardcore à grand spectacle.

Nous, on a pas vu le match et on ira pas au Hellfest. Mais, ce soir-là – même si c’est évidemment con de le formuler comme ça – on nous empêchera pas de penser qu’on a vu le meilleur groupe de hardcore du monde, hé !

>>>>>>>>>> TUCO

>>>>>>>>>> JOLIETTE

« L’oeil du cyclone » (MoE – Cave 12, 20 juin)

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« Imagine un mélange entre Napalm death et Shellac. » C’est la comparaison rapide que j’avais trouvée pour décrire MoE à un copain qui ne connaissait pas. « Pas facile. », il avait répondu. Et pas tout a fait exact non plus, mais ça donne une idée de pourquoi ça valait largement le coup de faire le trajet jusqu’à Genève et Cave 12 ce mercredi-là.

Quasiment déserte et très tranquille lorsqu’on arrive. En fait, je crois que Cave 12 ne se remplit qu’à la nuit. Les Norvégiens – qu’on veut rencontrer pour une interview –  sont déjà là. Mais, fatigués par un trajet depuis Oslo beaucoup plus long que prévu et parsemé d’incidents de sécurité inquiétants, on ne les croisera pas trop avant le concert.

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Il débute devant une audience assez restreinte. On est mercredi et il fait très beau et puis c’est la coupe du monde, hein. Pas grave, le trio est là pour nous en mettre plein les oreilles et les mirettes et arborent des éléments de costume à paillettes. Batteur imperturbable sous sa cagoule fourrée qui lui donne des airs de teletubby gothique, qui casse sa caisse claire dès les premières secondes mais continue sur les toms comme si de rien n’était. Rien n’arrête la machine MoE quand elle est lancée.

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Relents de doom/stoner lourdingues. Pics de tension punk hardcore. Crise noise aigüe, soubresauts schizo, tension qui s’affole. MoE brouille les pistes, orchestre un chaudron brûlant où se fond tout ce qui est sauvage, tout ce qui se tend, éructe, se déchaine.

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Cette tension de malade, ces éclats de folie en rafales  sont servis par la technique irréprochable des trois musiciens confirmés, qui sont tous actifs dans des projets très différents, jazz, improvisé ou autre. Faut écouter sur disque pour comprendre – quoiqu’au final l’expérience en live soit assez différente, très organique.

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Pas de pit formaté ici. Pas de violence ritualisée. Sans forcer, sans rien imposer, le groupe communique juste une folie qui infuse progressivement dans le public présent et le concert se termine dans des danses sauvages et des cris enthousiastes.

La soirée se terminera pas des rencontres et discussions bien agréables, au son de la sélection « pre-summertime » des DJs locaux. Black flag, c’est en effet totalement pre-summertime. Cave 12 ne ment jamais.

>>>>>>>>>> MOE

 

 

« Surréaliste pop » (Erwtensoep – L’Angle, 15 mai)

Presque un mois de passé depuis ce concert d’Erwtensoep à l’Angle – l’expace exposition de la MJC de la Roche-sur-Foron – qui clôturait l’exposition de Sabien Witteman.

Qu’on retrouve au clavier, au chant, à l’accordéon et à la percussion dans ce duo qu’elle forme avec son mari. Madame en one-woman orchestre et monsieur en guitare demi-caisse et costume doré.

Pop excentrique. Parfois des airs de Rita Mitsouko no-wave, de cabaret gothique synthétique. Bref, un peu le pendant sonore des peintures de l’ancienne batteuse de The Ex, – maintenant installée en Bourgogne – qui faisaient le décor de ce chouette petit concert arty.

>>>>>>>>>>>> ERWTENSOEP

« Douce violence » (Amanda Blake GL – La Bobine, 19 mai)

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Rédactrice invitée en direct de Cuvette city : Anne von Klüz

C’est dans une salle comble et un public chaleureux que le trio « Amandadesque » nous a régalé pour cet apéro concert. Plus d’une heure de live pour inaugurer leur album auto-produit, « Sans titre », comme un de leur bien-nommé morceau.

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Amanda Blake GL, c’est qui ? Deux nanas et un gars, entre Allevard et Grenoble. Géraldine au chant, guitare, basse et synthé, Émilie qui alterne la guitare et la basse, elle donne aussi de sa voix et Fred aka Gsejd Landscape à la batterie électro-acoustique.

Amanda Blake GL, c’est quoi ? Du post-punk ? Du rock français ? De la pop noisy ? Tantôt synth’ pop ? Ça fait beaucoup d’étiquettes tout ça… Amanda Blake GL a plusieurs facettes, les ambiances varient avec les changements d’instruments. Des mélodies et des mots restent dans la tête. Les textes sont finement ciselés « à la hache » avec des paroles en français s’il-vous-plaît. Des textes à la poésie écorchée d’une suave mélancolie. Des mots, des mélodies resteront. Des émotions.

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De l’énergie aussi, sur « Cobalt » où elles convoquent le mercure, l’étain, du cobalt, du cuivre, de l’or et « même de l’arsenic ». Le premier morceau de l’album, tout en montée, jaillissement et fracas. De la matière, de la musique et des mots.

Des paroles magnétiques et une hargne plus ou moins contenue sur « Sans titre » et sa super idée de composition. Jeux de mots à la poésie « sans faille ». Le genre de morceau où tes poils se dressent « sans détour », « sans cesse, sans cesse ».

Amanda c’est comme une montée de lave, sur « Ville-sentiment » référence à Clermont-Ferrand, hymne à la terre d’origine de Géraldine. Une musique « taillée dans la pierre noire ». Il y avait apparemment pas mal d’Auvergnat(e)s ce soir-là si l’on se fie aux gesticulations du public. Les enfants ont aussi bien gigoté devant avec leurs casques anti-bruit.

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Une musique avec des contrastes. Il y a des titres plus doux, des ballades avec « les hirondelles », « K.O » et son charme synth pop, le trippy «beauté des voyageurs » ou encore le blues de « dernière saison » qui clôt l’album.

Chez Amanda Blake GL, il y a des mélodies et des riffs, il y a des solos et des ruptures, des envolées et des éclats, il y a du velours et de l’acier. Il y a une violence douce.
Une musique « avec de l’ombre, de la lumière ». Une musique a écouter « sans conteste ».
Amanda Blake GL, quand t’écoutes leur album c’est comme la cancoillotte (ou l’aligot ?!), tu commences, tu t’arrêtes plus !

>>>>>>>>>> AMANDA BLAKE GL

« La branche déviante de la famille » (Pilier, YC-CY – la Makhno, 10 mai)

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A proprement parler, on peut pas vraiment dire qu’il y ait d’organisation consacrée au noise-rock dans la région Annecy/Genève. Ca reste un peu le vilain petit canard, la branche déviante de la famille. Le cousin pas sortable. La cousine transgenre. Mais, au final, il n’y a pas trop à se plaindre car, dans la programmation des uns ou des autres, il y a régulièrement des noms inespérés, des coups de folie.

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La soirée commençait avec le hardcore-punk des locaux de Pilier. Eruction continue de rythmiques rapides et de riffs rentre-dedans, sans temps mort, dans un esprit très proche des Annemassiens de Wrensh. Hardcore droit au but, sans le métal en quelque sorte. Bon sang, heureusement qu’il y a encore des groupes comme ça.

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On sent le groupe habitués du lieu. Et le public, qui assure l’ambiance joviale. Ils se laisseront même convaincre par un rappel.

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Les Suisses allemands de YC-CY  ont peu joué par ici. Ils viennent de sortir leur 2e album sur le label allemand X-Mist et faisaient une courte tournée de trois dates dans l’est de la France.

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Leur musique semble provenir d’un lieu non-cartographié. Atmosphérique et bruitiste, violente et émotionnelle, dansante et expérimentale. A équidistance du post-punk, du hardcore, de la noise. A l’image du génialissime Kepler-186f, qu’il joueront en deuxième et qu’il faut absolument écouter. Ce morceau mérite à lui seul le nom de Todestanz – Danse de la mort -, le titre de leur album.

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Pulsation puissante de la batterie, réduite à sa plus simple expression, qui capte les regards. Bassiste en retrait, les yeux clos – des images de Joe Lally de Fugazi reviennent en flash. Sonorités incongrues que le guitariste tire de son instrument. Des airs de synthé vérolé. Chanteur coincé aux abords du public, plié sur son micro.

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La charge fût relativement brève mais intense. Comme leurs copains allemands de YASS, YC-CY dessine un noise-rock du futur – ou du présent, tout simplement – qui donne grandement envie de continuer à suivre ce que donne ce groupe.

 

>>>>>>>>>> PILIER

>>>>>>>>>> YC-CY